Le projet de loi Ripost, visant un durcissement de la répression des free parties, suscite une vive indignation dans le milieu de la musique électronique. Ce week-end, au Millésime festival à La Réole, les festivaliers s'unissent autour du slogan « danser n'est pas un crime ».
Alors que le Sénat s'apprête à voter ce projet de loi, des passionnés de musique électro se retrouvent pour célébrer leur culture. Le Millésime festival, qui accueillera jusqu'à 6 000 personnes par soir, devient un emblème de résistance. Le maire de La Réole, Bruno Marty, fait de cet événement un symbole, affirmant sur ses réseaux sociaux que « danser n'est pas un crime ».
Pour lui, et de nombreux acteurs du festival, « s'il y avait davantage de collectivités prêtes à organiser ces événements, il y aurait moins d'illégalités ». Michaël Gérard, codirecteur du festival, souligne que la répression de ces rendez-vous festifs manque de discernement : « L'État se trompe en voulant les réprimer ». Selon lui, le meilleur moyen est de les encadrer plutôt que de les interdire, car la passion des jeunes pour la musique ne disparaît jamais.
Un durcissement des sanctions
Le projet de loi en question pourrait considérablement alourdir les sanctions à l'encontre des organisateurs de free parties, qui risqueraient jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. Pour les participants, les sanctions pourraient inclure jusqu'à six mois de prison. Un revirement qui pourrait altérer l'atmosphère festive des événements musicaux, rendant la séparation entre festival légal et free party de plus en plus floue.
« Il faut plutôt les encadrer. Ils n'arrêteront jamais les jeunes, il y aura toujours des free »
Joël Tambour, DJ au festival, se remémore les repercussions d'une loi similaire de 1995 qui avait conduit à l'explosion du mouvement des free parties en France. Il rappelle que stigmatiser une culture peut produire l'effet inverse de celui escompté et pousser les organisateurs à l'illégalité.
Une culture créative menacée
Le Millésime festival, bien que qualifié de « festival de techno underground », attire également un public habitué des soirées clandestines. Les organisateurs, tout en restant indépendants, s'efforcent de maintenir un cadre festif. Paul-Louis Durieux, co-directeur, note que de nombreux DJ célèbres ont fait leurs débuts dans des free parties, un milieu indispensable à la créativité musicale.
Le DJ Suburbass exprime ses inquiétudes concernant la criminalisation potentielle de ces événements : « Le terme rave est mal utilisé dans des textes de loi, ce qui peut entraîner l'annulation d'événements légaux ». Il souligne également que de nombreux festivals ressentent des pressions gouvernementales croissantes.
En définitive, le Millésime festival représente à la fois une célébration de la culture électronique et une lutte contre des tentatives de répression qui pourraient mettre en péril l'avenir de la musique et de sa liberté d'expression.







