Les autorités estimaient que les battues non encadrées peuvent entraîner la destruction de preuves, perturber l'enquête et mettre en danger les participants. Le lieutenant Erwan Coiffard, porte-parole de la gendarmerie nationale, souligne l'importance de mener des recherches sous contrôle, en évoquant le terme de "mobilisation citoyenne" au lieu de "battue". Ce choix de vocabulaire reflète un souci d'encadrer les efforts des citoyens dans un cadre légal spécifique.
Chaque année, en France, plus de 50 000 personnes disparaissent, dont 10 000 mineurs. Des mobilisations sont souvent mises en place pour les retrouver, comme pour des affaires récentes telles que celles de Lina ou de Delphine Jubillar. Cependant, le lieutenant Coiffard rappelle que seules les recherches encadrées sont efficaces et sécurisées.
Après la disparition de Manon, des initiatives ont fleuri sur les réseaux sociaux. Le porte-parole a insisté sur l'importance de ces recherches organisées : "Nous comprenons le désir d'agir rapidement, mais il est impératif de respecter le cadre légal en place, surtout dans le cadre d'une enquête judiciaire."
Un "cadre juridique" essentiel
Les battues spontanées, bien que motivées par une bonne intention, peuvent se révéler contre-productives. Elles risquent de perturber les lieux de crime, de déplacer des éléments cruciaux pour l'enquête, ou même d'exposer des participants à des dangers. "Une gestion désordonnée pourrait compliquer nos efforts”, alerte le lieutenant-colonel Coiffard.
Pour participer à la battue organisée ce samedi, les volontaires doivent être âgés d'au moins 15 ans et s'être préalablement inscrits. "Cette procédure nous permettra d'assurer un suivi de l'action : savoir qui se trouve sur le terrain et ce qu'ils découvrent est fondamental", précise Coiffard.
Environ 300 volontaires sont attendus, encadrés par une cinquantaine de gendarmes. "Nous voulons que chaque personne impliquée se sente en sécurité et qu'ensemble, nous opérions dans la clarté juridique", conclut-il.
Le parquet de Nantes a annoncé que le compagnon de Manon, interpellé en Algérie, a été en contact avec leur enfant de 15 mois lors de son arrestation. Une enquête pour meurtre et enlèvement a été ouverte, le suspect ayant un passé judiciaire pour violences conjugales, comme rapporté par le BFMTV.







