Pour la première fois, Santé publique France a publié un bulletin dédié à l'analyse des grandes causes de mortalité sur l'île de beauté. Ce rapport détaille les tendances observées jusqu'en 2023 aux niveaux régional et départemental. Notamment, la Corse affiche un taux de mortalité légèrement inférieur à la moyenne nationale.
Selon les données fournies par Santé publique France, 3 563 décès ont été comptabilisés en 2023 parmi les résidents de Corse, ce qui équivaut à un taux standardisé de 768 pour 100 000 habitants, par rapport à 798 pour l'ensemble du pays. Ce chiffre marque une diminution par rapport à l'année précédente.
Les principales causes de mortalité sont dominées par les tumeurs, représentant plus d'un quart des décès. Les cancers du poumon, du côlon, du pancréas et de la prostate sont les plus courants. Les maladies de l'appareil circulatoire, en particulier les affections cardiovasculaires, arrivent en deuxième position. Le bulletin indique clairement la nécessité de renforcer la prévention des facteurs de risque, tels que le tabagisme, l'alcoolisme et la sédentarité. Les accidents — qu'ils soient routiers, liés à des chutes ou des noyades — constituent la troisième cause de mortalité.
Les jeunes de plus en plus touchés par le cancer
Le docteur Antoine Grisoni, président de l'Union Régionale des Personnels de Santé, souligne que ces résultats ne sont pas particulièrement surprenants et reflètent des tendances similaires observées au niveau national, bien que la Corse s'en tire avec un taux de mortalité légèrement inférieur. Il déclare : « C'est une bonne nouvelle, même si cette sous-mortalité tend à se réduire. »
Concernant les tumeurs, il exprime une inquiétude croissante : « Nous assistons à une forte progression des décès par cancer, notamment parmi les individus de moins de 65 ans, ce qui est préoccupant. Bien que nous soyons plus efficaces dans le traitement des cancers, leur apparition précoce chez les jeunes est alarmante. » Il ajoute que les maladies cardiovasculaires inquiètent également, étant donné que la diète méditerranéenne, souvent réputée protectrice, est davantage centrée sur la charcuterie et le fromage que sur le poisson.
Ces révélations invitent à une réflexion critique sur les habitudes alimentaires et de santé publique en Corse. Les experts appellent à une mobilisation collective pour améliorer la prévention et favoriser un mode de vie plus sain sur l'île.







