À un moment où l'île se retrouve au bord du gouffre, le gouvernement dirigé par Miguel Díaz-Canel met en avant une initiative destinée à donner l'illusion d'un soutien populaire. La pétition, nommée "Ma signature pour la patrie", vise à rassembler les signatures des Cubains âgés de plus de 16 ans. Le président a inauguré cette campagne le 16 avril, à l'occasion du 65e anniversaire de la proclamation du caractère socialiste de la Révolution, scellant le lancement de ce qui est présenté comme un "mouvement national et international de solidarité" contre les pressions extérieures, selon le quotidien Granma.
Tandis que la presse pro-régime, comme le journal Invasor, affirme que la population a "l’opportunité d'exprimer librement son soutien à la Révolution", des rapports indiquent que les employés de l'État ont reçu des ordres pour participer. Des membres des Comités de défense de la révolution parcourent les quartiers pour inciter les habitants à s'inscrire.
Les opposants à ce régime font entendre leurs voix sur les réseaux sociaux, qualifiant cette opération d'un simple déguisement d'initiative civile. Ils ont lancé le hashtag #PorEsoYoNoFirmo pour encourager la résistance et demander aux Cubains de changer de posture face à la peur.
La crise économique à Cuba, exacerbée par la pandémie de Covid-19, a rendu la situation particulièrement critique. Le pays, avec un tourisme en berne et une émigration massive de sa jeunesse, est fortement affecté par les restrictions imposées par l'administration Trump. Selon Axios, des négociateurs américains auraient récemment rencontré des représentants cubains pour des discussions essentielles.
Il reste à voir si cette pétition trouvera un écho favorable au sein d'une population de plus en plus déchirée par l'incertitude et la colère.







