Consommateurs, entrepreneurs, État : tout le monde calcule l’impact des augmentations à la pompe. L’addition est lourde pour certains.
Patrick Gourdon, d’Amboise (Indre-et-Loire) : « Un euro et 17 centimes de taxes sur 2 €, d’essence ça signifie que le prix hors taxes est 0,83 €. Donc la taxation représente 141 % du prix hors taxes. Est-il constitutionnel que la taxation d’un produit excède 100 % du prix du produit ?
« Pourtant un pourcentage de taxe doit toujours se mesurer par rapport au prix hors taxes et non par rapport au prix TTC, ce qui a pour effet de réduire artificiellement le poids de la taxe. Si l’on procédait ainsi pour la TVA de 20 % sur un produit de 100 € hors taxes, on dirait que la TVA est de 16,67 % (120 x 16,67 % = 20 €), ce qui est absurde ! »
« réfléchir au lieu de s’enrichir à courte vue »
Prix encadrés
Claude Verdun, de L’Île-Bouchard (Indre-et-Loire) : « Le taux de la TVA n’a pas “ encore ” été baissé sur le prix des carburants. Il est évident, sans avoir fait de grandes études, que le même taux appliqué sur l’addition prix de base très augmenté + raffinage + marge à chaque intermédiaire, etc. aboutit à des prix faramineux. Ces prix, s’ils devaient rester libres, auraient des conséquences graves sur les particuliers comme sur le tourisme, l’industrie et autres.
« Le retour de manivelle sur les rentrées de TVA et les impôts sera important et le gouvernement comprendra son erreur trop tard, parce que le mal fait sur les entreprises ne se rattrape pas en un clic; on peut même imaginer des manifs, des grèves, des élections aux résultats inattendus. Des événements proches devaient pourtant inciter le pouvoir à réfléchir au lieu de s’enrichir à courte vue. »
Pseudo-enrichissement
Joël Goring, de Niort (Deux-Sèvres) : « L’État se remplirait les poches avec l’augmentation des taxes diverses assises sur le coût des carburants qui flambent à la pompe, selon certains politiques. J’ai été ébahi d’entendre de tels propos de la bouche d’une personne pouvant briguer la fonction présidentielle. Je ne conteste pas le fait que les rentrées financières augmentent, mais ignorer que chaque jour de guerre pénalise la croissance et absorbe une grande partie de ce pseudo-enrichissement est une ineptie.
« Le carburant, quel qu’il soit, freine l’économie sous toutes ses formes et dans tous les secteurs d’activité, créant une diminution des ressources sous forme d’impôts, taxes, cotisations sociales, sans compter la dette qui est devenue le premier poste budgétaire de l’État qu’il faut rembourser et non accroître.
« Le “quoi qu’il en coûte” nous revient très cher, les différents chèques et aides octroyés le demeurent également. La France ne peut plus se permettre de reproduire cela; seuls certains secteurs essentiels à l’économie devraient être secourus. Le consensus parmi les économistes est clair : l’État, c’est nous tous, et contrairement à une entreprise, toute augmentation de recettes vise à compenser les dépenses antérieures, et donc à réduire l’endettement global, et non pas à alimenter des bénéfices pour quelques privilégiés proches du pouvoir. »
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