Dans un contexte de hausse des prix du carburant, le gouvernement français a mis en place une aide visant à soutenir trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs". Toutefois, de nombreux professionnels du secteur de la santé et du social, notamment les aides-soignants et aides à domicile, s'interrogent sur leur éligibilité face à des critères jugés trop restrictifs.
Élodie Papin, secrétaire de FO Action sociale dans le Maine-et-Loire, a déclaré à l'AFP : "Le gouvernement dit 'on fait quelque chose' mais il s'est bien débrouillé pour que ça touche peu de monde." Cette approche suscite de vives préoccupations, en particulier parmi ceux qui travaillent dans des conditions précaires, alors que l'aide annoncée est censée profiter à ceux qui gagnent moins de 17 000 euros par an.
"Un revenu de 17 000 euros annuels, c'est 1 417 euros net mensuels. Nous, à l'hôpital, on touche souvent un peu plus, ce qui nous exclut potentiellement," a souligné Pascal Mazet, aide-soignant à l'hôpital de Decazeville et représentant CGT.
La somme de 50 euros par personne pour trois mois est considérée dérisoire par beaucoup. Pascal Mazet a précisé que certains de ses collègues ont vu leurs frais de carburant grimper de 350 à 400 euros mensuels, les poussant à envisager l'arrêt de leur activité professionnelle.
Une aide qui peine à convaincre
Laurence Jacquon, directrice adjointe de l'ADMR, a également exprimé son soutien à cette aide mais a appelés à sa fiabilité et à sa rapidité. "Nous avions besoin d'un coup de pouce, et nous espérons qu'il sera versé rapidement car elles ont besoin de faire le plein dès maintenant," a-t-elle clarifié.
Des incertitudes persistent concernant l'éligibilité, surtout pour certaines catégories de travailleurs devant effectuer des tournées en fonction de la localisation de leurs patients. Des syndicats soulignent aussi que les plafonds de revenus n'ont pas été clairement définis pour toutes les situations, notamment pour les parents célibataires.
La colère des infirmiers
Les infirmiers, quant à eux, s'estiment écartés des dispositifs d'aide, se retrouvant souvent surchargés, notamment dans des zones rurales où le déplacement peut nécessiter des kilomètres. Anne-Gaëlle Kramer, du collectif des infirmiers libéraux, a déclaré : "C'est très injuste, nous ne pouvons pas nous permettre de sélectionner nos patients en fonction de notre capacité à nous déplacer."
En somme, cette aide sur le carburant, bien qu'intentionnelle, semble insuffisante pour un grand nombre de professionnels qui œuvrent au quotidien dans des conditions de plus en plus difficiles.







