Les Etats-Unis ont déclaré ce lundi qu'ils suspendaient pour une durée de deux mois les sanctions imposées au pétrole iranien. Cette annonce intervient après des négociations à Genève considérées par Washington comme des bases solides pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Désormais, toutes les transactions auparavant interdites concernant la production, la vente et le transport de pétrole iranien sont permises jusqu'au 21 août à 00h01, heure de Washington. Cette décision a eu un impact immédiat sur le marché, le prix du baril de Brent chutant à 77,6 dollars, loin de son pic à plus de 126 dollars observé pendant les conflits.
JD Vance, vice-président américain, a déclaré que des avancées notables avaient été réalisées, soulignant l'importance que l'Iran invite de nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). C'est une étape considérée comme essentielle pour un potentiel arrêt du programme nucléaire iranien.
De leur côté, les autorités iraniennes n'ont pas encore confirmé cette suspension. Rappelons qu'après des frappes israéliennes et américaines sur ses installations en juin 2025, Téhéran avait temporairement arrêté sa collaboration avec l'AIEA, laissant en suspens la situation des stocks d'uranium hautement enrichi, un point crucial de tension avec les Etats-Unis. Toutefois, les inspecteurs ont pu accéder à d'autres sites nucléaires iraniens récemment.
- Progrès encourageants -
Suite à un protocole d'accord conclu la semaine passée, les discussions, avec l'aide du Pakistan et du Qatar, doivent se conclure dans un délai de 60 jours par un accord final. Selon l'agence de presse Irna, la délégation iranienne, composée entre autres du président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a quitté le lieu de rencontre après des heures de débats intenses.
Les deux parties ont réussi à convenir de mécanismes destinés à mettre un terme aux escarmouches au Liban et à sécuriser le détroit d'Ormuz, un point névralgique du commerce énergétique mondial. Les intermédiaires ont noté des progrès significatifs, tandis que le ministère suisse des Affaires étrangères a annoncé la reprise immédiate des consultations au niveau technique.
Abbas Araghchi a salué la levée des restrictions sur les exportations de pétrole et des produits pétrochimiques, ainsi que le déblocage de certains avoirs gelés, et a mis en avant un ambitieux plan de reconstruction pour l'Iran. Cependant, JD Vance a précisé que les Etats-Unis surveilleraient de près que ces fonds ne soient pas utilisés pour financer des activités terroristes.
Concernant la situation au Liban, un dispositif de gestion des conflits sera mis en place pour faciliter une trêve entre Israël et le Hezbollah, un enjeu crucial pour la continuité des négociations. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, toutefois, réaffirmé que son armée resterait active tout le temps qu'il jugerait nécessaire.
- Accalmie au Liban -
Le Liban bénéficie d'un temps de calme après des violences récentes. Bien que l'Iran ait indiqué qu'il verrouillerait de nouveau le détroit d'Ormuz, le trafic maritime a continué de manière plus soutenue que précédemment, d'après des plateformes de suivi maritime.
Les Etats-Unis et l'Iran vont établir une ligne de communication pour limiter les accidents et les malentendus, dans le but d'assurer un transit sécurisé pour les navires marchands. Cependant, les analystes restent sceptiques face aux récentes déclarations de Donald Trump, incitant Téhéran à contrôler les actions du Hezbollah, sous peine de voir une reprise des frappes américaines.
Selon Stephen Innes, analyste chez SPI Asset Management, l'avertissement du président américain rend improbable un apaisement rapide et laisse présager des difficultés sur la route menant à un accord définitif.







