Keir Starmer, vieux routier du barreau britannique, avait promis un nouveau souffle à la tête du gouvernement, mais son mandat s'est rapidement enlisé. En effet, après moins de deux ans à Downing Street, et face à une popularité en chute libre, il a annoncé sa démission suite à l'élection d'Andy Burnham, son rival au sein du Parti travailliste, qui a exacerbé les rumeurs sur son avenir.
Le Premier ministre, qui avait pris ses fonctions en juillet 2024 avec l'enthousiasme d'une large victoire du Labour aux législatives, a vite été rattrapé par la réalité d'un pays aux prises avec une économie en berne, une inflation galopante et des services publics exsangues après des années d'austérité, selon Le Monde.
Si certaines réformes dans le domaine de la santé et des droits des travailleurs ont été mises en place, les résultats restent en deçà des espoirs placés en lui. Son style, alliant rigueur d'avocat et sobriété, ne lui a pas permis de créer un lien fort avec les Britanniques, qui peinent à comprendre la direction qu'il souhaite proposer.
Starmer, qui avait revêtu l'étiquette de pragmatique face aux idéologues, a rapidement désillusionné nombre de ses partisans. Des mesures jugées trop dures ont aliéné l'aile gauche de son groupe, conduisant certains électeurs à se détourner du Labour au profit des Verts.
Le gouvernement Starmer a également été entaché par des scandales. Plusieurs membres de son cabinet ont été forcés de quitter leurs fonctions, notamment sa vice-première ministre Angela Rayner. Ce climat de tensions a engendré des critiques sur son leadership, certains l'accusant de manquer de vision politique.
À l'international, Starmer a tenté de restaurer le prestige britannique sur la scène mondiale, après le Brexit. Il a entretenu des relations mesurées avec l’administration Trump, négociant des accords douaniers plus favorables. Toutefois, son ambivalence sur des positions géopolitiques importantes, comme le dossier iranien, a suscité l'ire de certains dirigeants, notamment républicains.
L’économie a bénéficié de sa volonté de réduire les barrières commerciales avec l’UE, une initiative saluée par ses partenaires européens, surtout dans un contexte de guerre en Ukraine. Néanmoins, l’angoisse face à l’augmentation des impôts a terni cette image.
Issu d’un milieu modeste, Keir Starmer, honoré par la reine Elizabeth II en 2014, a pris les reines du Labour après la déroute électorale causée par Jeremy Corbyn en 2019. Il a su écarter des membres jugés non-conformes à son orientation centriste, tout en tentant de dépasser les nouvelles accusations d’antisémitisme qui avaient émergé sous l’ère Corbyn.
Musicien amateur et fervent supporter d'Arsenal, Starmer espérait être perçu comme un dirigeant audacieux. Il a finalement laissé derrière lui l’image d’un homme rigoureux, mais hésitant, incapable de faire naître le changement tant espéré au sein du Parti travailliste.







