La délégation iranienne, engagée depuis dimanche dans des discussions avec les États-Unis en Suisse pour trouver une issue au conflit au Moyen-Orient, a regagné lundi Téhéran pour laisser place à des discussions techniques. Ces pourparlers, initiés dans un contexte de chaos après la signature d'un protocole d'accord, doivent déboucher sur un document final dans un délai de 60 jours renouvelables.
Conduite par Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, et Abbas Araghchi, chef de la diplomatie, l'équipe iranienne a quitté le complexe hôtelier du Bürgenstock après pas moins de 18 heures de discussions intenses, comme l'a rapporté l'agence de presse Irna.
Le ministère suisse des Affaires étrangères a assuré que les consultations techniques allaient immédiatement reprendre. La délégation américaine, dirigée par le vice-président JD Vance, n'a pas encore fait de déclaration.
Cet événement fait suite à un accord entre Téhéran et Washington sur des mécanismes visant à mettre fin aux violences au Liban et à sécuriser le stratégique détroit d'Ormuz, des enjeux cruciaux contribuant à l’instabilité de la région et affectant l'économie mondiale.
Les médiateurs pakistanais et qatari ont souligné que des progrès notables avaient été réalisés, un message confirmé par le ministre iranien. Araghchi a salué l'émergence de nouvelles opportunités, telles que la levée des restrictions sur les exportations pétrolières et la libération de certains avoirs gelés.
Pour ce qui est de la situation libanaise, Téhéran a insisté pour y inclure une "cellule de gestion des conflits" afin de réduire les tensions entre Israël et le Hezbollah, une initiative jugée cruciale par beaucoup. "Ce sera un véritable test", a souligné le ministre des Affaires étrangères.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a précisé que les forces israéliennes resteraient sur place tant que nécessaire.
Alors que la situation au Liban semblait s'apaiser, l'Iran avait annoncé un nouveau verrouillage du détroit d'Ormuz, essentiel au commerce mondial d'hydrocarbures. Les États-Unis et l'Iran ont convenu d'établir une "ligne de communication" pour éviter d'éventuels incidents maritimes, comme l'ont fait savoir Islamabad et Doha.
Ces annonces ont rassuré les marchés; le prix du baril de Brent est passé de plus de 126 dollars, à son plus haut depuis quatre ans, à moins de 80 dollars.
Cependant, des experts restent prudents face aux menaces récentes de Donald Trump, appelant à surveiller les actions du Hezbollah. L'avertissement de Trump, selon Stephen Innes de SPI Asset Management, semble exclure tout apaisement immédiat, ajoutant que de possibles obstacles demeurent sur le chemin d'un accord définitif.
La délégation iranienne avait quitté la table des négociations après que Trump ait pris la parole, les discussions continuant par le biais de médiateurs. Un climat de méfiance persistait, illustré par le refus de l'équipe iranienne de poser pour une photographie avec leurs homologues américains.
Enfin, les désaccords sur le programme nucléaire iranien, une source de tension historique entre les deux nations, n'ont pas été négligés et ont été abordés seulement en surface, laissant des détails à traiter ultérieurement.







