Lors d’un dîner d’État à la Maison Blanche, Charles III a amusé son auditoire en posant une question intrigante à Donald Trump : « Et si les États-Unis parlaient français sans les Britanniques ? » Actionné par cette remarque piquante, le roi a fait référence à l'héritage colonial qui a façonné l'Amérique. Mais que cache cette blague ? Selon Cécile Coquet-Mokoko, professeure de civilisation américaine à l’Université de Versailles-Saint-Quentin, c'est loin d’être une possibilité réaliste.
Dans un clin d'œil, le roi a fait écho à des déclarations controversées du président, illustrant la compétition historique entre les puissances. Ce flamboiement humoristique cache une réalité : les États-Unis d’aujourd'hui ne parleraient certainement pas français sans l'intervention britannique.
L’impact de la colonisation française
En effet, l’Amérique, avant de devenir les États-Unis, a connu une forte présence française, notamment à partir du XVIe siècle. La France a établi la Nouvelle-France, un territoire qui englobait de larges portions de ce qui est aujourd'hui le Canada et une partie significative des États-Unis. « La France avait des ambitions coloniales, mais la dynamique de peuplement était différente de celle des Britanniques », explique Cécile Coquet-Mokoko. La majorité des colons se plis au peuplement, laissant derrière eux quelques lieux où l’on retrouve encore des traces du passé francophone.
Il ne reste aujourd'hui que quelques poches francophones, principalement en Louisiane, au Maine, en Floride et en Californie. « Le français est en déclin aux États-Unis, et les Américains ne voient souvent pas l’intérêt d'apprendre une langue étrangère », conclut Coquet-Mokoko, soulignant ainsi une évolution des priorités linguistiques.
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