Trois jeunes Français, emmenés enfants en Syrie par leurs parents djihadistes, ont décidé de saisir la justice française, arguant qu'ils ont été enrôlés de force au sein de l'État islamique. Selon l'AFP, ces jeunes font partie des 5 700 détenus de 61 nationalités récemment transférés de Syrie en Irak, où ils purgent actuellement leur peine.
Les avocats des adolescents, maître Marie Dosé et maître Matthieu Bagard, insistent sur le fait qu'ils doivent être considérés comme des « victimes de guerre ». Ils soulignent : « Aucun enfant ne choisit d’être enrôlé, et la France montre une indifférence inacceptable dans cette affaire, violant les conventions internationales qu'elle a signées ». Au lieu de les protéger, la France a refusé de les rapatrier et les a envoyés dans des prisons irakiennes, où ils subissent des traitements inhumains, indiquent les avocats.
Une plainte a été déposée début avril pour l'un des jeunes, avec des signalements pour les deux autres. Ces démarches visent à établir la responsabilité de la France dans cette situation préoccupante. Les infractions évoquées concernent la conscription et l'enrôlement d'enfants dans un conflit armé non international.
Parmi ces jeunes, Mehdi, emmené par son père, un djihadiste notoire, à l'âge de 12 ans, a été exposé à la propagande de l'État islamique. « Il a été formé à cette guerre de l'information pendant quatre ans », précise le dossier. D'autres adolescents, comme Yacine et Sofiane, ont également été impliqués dès leur plus jeune âge, Yacine apparaissant même dans une vidéo de propagande à 11 ans.
Les témoignages s'accumulent et renforcent l'idée que ces jeunes, pris dans un engrenage dont ils n'avaient pas choisi, devraient être traités avec compassion plutôt que comme des criminels. Ce cas délicat met en lumière des enjeux juridiques et éthiques de taille, invitant à un débat approfondi sur les responsabilités des États envers les victimes d'une guerre qu'elles n'ont pas choisie, comme l'affirme le Monde.







