Trois ans après avoir retrouvé la liberté, Benjamin Brière, qui a passé 1 079 jours derrière les barreaux en Iran, partage son expérience troublante, notamment son retour tumultueux dans les systèmes administratifs français.
Libéré après une détention de près de trois ans, ce Français de 40 ans a été confronté à des défis inattendus lors de son retour sur le sol français. Dans un entretien avec le Journal du Net, il a révélé avoir été radié des fichiers administratifs. Ce qui a compliqué la réactivation de ses droits, notamment en matière fiscale : "J'ai dû lutter pour rétablir ma situation, en commençant par mes déclarations d'impôts", a-t-il confié.
À son retour, il a été surpris de l'acharnement de l'administration fiscale concernant son absence de déclaration pendant quatre ans. "J'ai expliqué ma situation, mais l'agente des impôts m'a répondu que même en prison, il faut faire sa déclaration. À cela elle a ajouté : 'Votre famille aurait pu s'en charger.' Je ne sais pas si elle a vraiment compris que j'étais en prison en Iran", a-t-il déclaré.
Condamné à une peine de huit ans et huit mois pour "espionnage" et "propagande", Brière a peu interagi avec le monde extérieur pendant sa détention. Lors de ses rares communications avec sa famille, il ne bénéficiait que d'un quart d'heure de conversation chaque semaine.
Des difficultés financières
À son arrivée en France, Benjamin se retrouve dans une situation précaire, n'étant ni au chômage, ni en arrêt maladie. Il déplore le manque de soutien financier, essentiel pour sa réinsertion et pour consulter un psychologue. En prison, il a dépensé des milliers d'euros pour ses frais judiciaires. "L'État exige une participation de la famille dans les affaires légales là-bas", a-t-il expliqué.
De retour à Lyon, Benjamin a reçu un refus de la part de France Travail concernant ses droits aux indemnités chômage. Sa situation aurait pu rester inaperçue si un député n'avait pas été alerté pour contacter le ministre du Travail, ce qui a permis à Brière de réclamer les indemnités dues.
Désormais, il milite au sein de l'association SOS Otages pour accompagner les anciens otages dans leur réintégration. Brière espère la création d'un statut légal protecteur ainsi qu'une allocation spéciale pour faciliter leur retour à la vie normale sans exiger le soutien de leurs proches. Son engagement vise à éveiller les consciences sur le parcours semé d'embûches que rencontrent ceux qui reviennent d'une détention arbitraire.







