Au cours d'une opération d'envergure menée mi-juin, les forces de l'ordre ont interpellé 16 individus impliqués dans un vaste réseau de faux billets entre la France et l'Italie. Les informations recueillies, selon le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), indiquent que le préjudice pour l'État français pourrait dépasser le million d'euros.
Les enquêteurs ont, en effet, mis au jour un système bien rodé. Douze suspects ont été formellement mis en examen, dont trois ont été placés en détention. L'opération s'est étendue des rues animées de Paris aux ruelles de Naples, où les principaux chefs de ce réseau ont été appréhendés, renforçant ainsi la coopération policière internationale, évoque le quotidien Le Monde.
Les perquisitions menées dans les deux pays ont permis de saisir environ 124 000 euros en fausse monnaie, ainsi que près de 138 000 euros en liquidités et sur des comptes bancaires. Dans un cas frappant, les enquêteurs ont découvert 50 000 euros dissimulés chez le père d'un suspect, accompagnés d'un lingot d'or et d'armes, pour ne mentionner que cinq pots de peinture enterrés contenant 378 650 euros, rapporte BFMTV.
Un réseau de 433 envois en deux ans
Selon les informations recueillies, l'enquête a été lancée en mars 2024 après qu'un renseignement a été fourni par la police italienne. Ce renseignement révélait des transactions inquiétantes sur les réseaux sociaux, où des commandes de fausse monnaie étaient passées. Les paiements étaient souvent réalisés via des méthodes anonymes comme des cryptomonnaies, des mandats cash ou des cartes prépayées. Environ 250 000 euros auraient été transférés via un compte de cryptomonnaie dédié.
Les enquêteurs ont également relevé qu'un membre clé du groupe criminel napolitain était chargé de remettre la fausse monnaie à un intermédiaire, qui s'occupait par la suite de la préparation et de l'expédition des colis aux acheteurs. En tout, pas moins de 433 envois ont été répertoriés sur une période de deux ans, avec un mode opératoire qui a attiré l'attention des forces de sécurité. Ce type de délit, selon le criminologue Jean-Pierre Dubois, témoigne d'une sophistication croissante des réseaux de criminalité organisée.
Alors que le problème du blanchiment d'argent persiste, les autorités continuent de scruter les activités des groupes criminels et de renforcer leur coopération internationale pour lutter efficacement contre ce fléau, conclut le France Info.







