L’organisation écologiste Greenpeace se targue d'être indépendante, sans subventions publiques ni financements d'entreprises. Cependant, des informations révélées par L’Incorrect mettent en lumière les fragilités de son modèle économique. En effet, alors que l'association dépend de donations défiscalisées, une question se pose : servent-elles vraiment la protection de l’environnement ou alimentent-elles une activité de lobbying ?
Selon les chiffres de 2024, Greenpeace France a récolté 31,5 millions d'euros, dont près de 24 % ont été consacrés à des frais de collecte tels que la publicité et le phoning, soit environ 7,5 millions d'euros. Ainsi, à l'issue de l'année, la trésorerie affichait 8,5 millions d'euros, tandis que l'association transfert entre 8 et 9 millions d'euros à Greenpeace International chaque année.
Ce modèle financier est donc sous pression : des fonds importants sont collectés, mais une part significative est réinvestie dans des activités de collecte et le soutien à la structure internationale, alors que Greenpeace France envisage une réduction de personnel, passant de 138 à 106 équivalents temps plein d'ici début 2026.
Le paradoxe d’une ONG dépendante de l’attention médiatique
Greenpeace a toujours misé sur l'idée que les dons de ses membres garantissent sa liberté d'action. Toutefois, cette liberté a un coût. L’engagement des donateurs fluctue selon l’actualité environnementale et les campagnes médiatiques. En cette période où la centrale écologique semble moins en vogue, l'organisation se rend compte de sa vulnérabilité. Selon Le Monde, en juin 2025, le montant des dons aux associations aurait chuté, avec Greenpeace notant une stabilisation, mais des perspectives sombres pour 2025, exacerbées par la pression économique sur les donateurs.
Greenpeace ne s'engage pas seulement dans des actions environnementales, mais joue également un rôle de lobbying. Cela soulève des interrogations concernant l'usage des fonds collectés.
Le précédent des amendements anti-intrusions
Des amendements au projet de loi de finances 2025 ont ciblé Greenpeace, prévoyant la suspension de ses avantages fiscaux. Bien que le texte ait été rejeté, il illustre une prédisposition politique à questionner le soutien fiscal aux ONG engagées dans des actions controversées. Cela représente un risque réel pour une organisation dont un grand nombre de dons bénéficie de la défiscalisation.
Défense de l’environnement ou lobbying ?
Greenpeace France est également enregistrée au répertoire des représentants d'intérêts de la HATVP, avec 65,7 % de ses dépenses en 2024 liées à ses campagnes. Ce positionnement soulève une problématique fiscale cruciale : les dons sont-ils éligibles à des réductions d'impôts ? Alors que Greenpeace essaie de maintenir sa légitimité, l’absence d’un rescrit fiscal confirmant son éligibilité pourrait poser problème.
Les implications financières sont significatives : en cas de biais fiscal, l'article 1740 A du CGI prévoit une amende proportionnelle au montant des dons indûment défiscalisés. Cela pourrait avoir des répercussions dramatiques pour l'association, qui n'est plus seulement face à un problème de collecte, mais aussi à une remise en question fondamentale de sa mission et de son financement.
Ainsi, Greenpeace se trouve dans une situation délicate, soumise à la fois aux aléas financiers et à une vigilance accrue concernant ses activités de plaidoyer. Pour une ONG habituée à pointer du doigt les manquements des autres, la situation prend un tour ironique.







