Plus de quatre ans après la démantèlement d'une vaste opération de contrefaçon, neuf individus sont jugés depuis ce mardi et jusqu'à jeudi au tribunal correctionnel d'Orléans. Cette affaire concerne des milliers de produits de luxe en provenance de Turquie, incluant parfums, vêtements et sacs.
Les grandes marques à l'affiche
Dior, Chanel, Hermès et d'autres maisons de renom se sont mobilisées pour défendre leurs intérêts face à cet important procès. Les prévenus font face à de lourdes accusations, notamment escroquerie en bande organisée, détention et vente de produits contrefaits, ainsi que blanchiment d'argent. Le dossier en question implique des centaines de milliers d'articles, principalement des parfums, mais également des accessoires variés. Tout a commencé par des annonces sur Facebook en 2019, promettant des parfums de marque à des prix défiant toute concurrence, attirant ainsi l'attention des douanes.
Une famille de Sandillon au cœur de l'affaire
Des recherches approfondies ont permis de découvrir un colossal réseau de contrefaçon, avec des entrepôts à Paris, Lyon et Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, près d'Orléans. Lors d'une opération de perquisition en octobre 2021, les enquêteurs ont saisi plus de 100 000 articles contrefaits, dont une partie était stockée dans un jardin d'une famille à Sandillon.
Un des membres de la famille a avoué avoir conditionné, transporté, et même vendu ces produits dans des marchés. Il a déclaré : "On n'a jamais nié l'origine des produits. Tout le monde voyait que c'était de la contrefaçon. Je savais que c'était limite, mais je ne pensais pas que c'était illégal." Il a tenté de justifier qu'il ne réalisait aucun bénéfice significatif.
Des flacons vendus sur les marchés pour quelques euros
Les écoutes téléphoniques ont révélé que le père de ce jeune homme, également mis en cause, parlait de revenus allant jusqu'à 6 000 euros par semaine. Il a tenté de minimiser ses déclarations en plaisantant sur le fait qu'il parlait probablement en dirhams. De son côté, le luxe a évalué le préjudice à plusieurs millions d'euros, signalant des flacons revendus à peine au-dessus de 3 euros les 30 ml.
Maître Chapouillé, représentant plusieurs marques lésées, a insisté : "Ces actes de contrefaçon ne sont rien d'autre que du vol. Cela vole l'investissement, le travail et le marketing. Ce qui m'inquiète, c'est que les accusés parlent de ces produits comme de simples marchandises. Sans nos marques, ils n'auraient rien pu vendre."
Le procès se tient cependant sans une figure clé : la tête du réseau, décédée en Turquie il y a quelques mois, était un proche de la famille de Sandillon. Cet individu, connu pour avoir été impliqué dans des actes criminels, organisait les transports des produits entre la Turquie et la France. Il a effectué 83 allers-retours entre 2019 et 2021, témoignant de l'ampleur du réseau.







