Un couple de Saint-Marcel-lès-Valence est actuellement jugé aux assises de la Drôme, accusé d'avoir causé la mort de leur fille de 16 mois, Zita, par "privation d'aliments suivie de mort". Cette petite a péri en janvier 2018, après avoir été admise en urgence à l'hôpital de Lyon, où elle s'est révélée souffrir d'une dénutrition sévère. Les parents, aujourd'hui parents de dix enfants, continuent de nier les accusations portées contre eux. Le procès devrait se poursuivre jusqu'au 3 juin.
La question qui se pose est : la mort de Zita est-elle due à un manque de nourriture? Les parents sont depuis mardi dernier en procès, et ils ont affirmé n'avoir jamais voulu nuire à leur enfant. La mère a déclaré aux juges que la petite Zita était nourrie exclusivement avec des laits végétaux en raison d'une intolérance au lait de vache. Cependant, cette version a été vivement contredite par des experts, dont le psychiatre chargé d'évaluer la mère, qui a évoqué un dénis de la réalité. Selon lui, les enfants ont besoin d'une alimentation équilibrée et variée, et les croyances de cette mère ont été jugées comme un fanatisme dangereux.
Le refus de vacciner leurs enfants a également été évoqué lors du procès. Les parents ont pris cette décision, hauts de leurs convictions, désignant les vaccins comme dangereux. Ils ont même demandé à leur médecin de falsifier les preuves de vaccinations, une démarche qualifiée par les experts de dérive extrémiste. Le père a précisé que la scolarité à domicile, qu'ils ont choisie, répondait à une crainte de voir leurs enfants développer une agressivité.
Les observations d'amis et de membres de la famille accroissent les préoccupations autour d'éventuels comportements sectaires du couple. Beaucoup affirment que leur comportement, leur isolement et le choix d'élever leurs enfants dans une bulle religieuse sont préoccupants. Un oncle de Zita a exprimé son indignation : "C'est impensable de ne pas scolariser ses enfants".
Toutefois, l'avocat des parents a avancé un argument d'absence de responsabilité, soutenant que Zita était décédée suite à une erreur médicale liée à un surdosage de kétamine administrée à l'hôpital. Ce point de vue est contesté par plusieurs médecins ayant examiné la situation, et la défense devra démontrer sa validité lors du procès.
Les audiences révèlent que la petite Zita souffrait d'une dénutrition sévère avant son hospitalisation ; l'avocate de l’association de protection des enfants "La Mouette" a souligné avec force que "Elle ne pesait que 7 kilos à presque 2 ans, une situation que l'on n'observe que dans les pays sous-développés". La cour a décidé de ne pas faire huis clos, garantissant ainsi la transparence de cette affaire tragique. Les parents encourent jusqu'à 30 ans de réclusion, et le verdict est prévu pour le 3 juin.







