Le centre de santé du Diaconat Protestant Drôme-Ardèche, accueillant 1.500 patients en situation précaire à Valence, fait face à la menace d'une réduction de financement public de 400.000 euros. Bien qu'un sursis ait été accordé jusqu'en octobre, l'établissement se prépare à des répercussions potentiellement désastreuses pour ceux qui en dépendent.
Cette alerte est survenue suite à une lettre adressée par le Premier ministre le 29 janvier 2026, mentionnant la possibilité de supprimer ce financement essentiel. Bien que la ministre de la Santé ait signifié un sursis temporaire, la direction du centre est déjà en phase de réflexion quant aux démarches à entreprendre si la situation devait perdurer.
Ouvert en novembre 2021, le centre, également connu sous le nom de SEC-PA, est l'un des 26 établissements expérimentaux lancés après la crise du COVID-19, visant à offrir des soins à des publics vulnérables, y compris les sans-abri et les migrants.
Un soutien indispensable pour 2.500 personnes
Actuellement, le centre assure le suivi continu de 2.500 patients. Christian Bonnet, président du Diaconat Protestant, exprime son incompréhension face à ces coupes budgétaires. « C'est une fausse économie. Si ces personnes n'ont plus accès aux soins, cela pourrait entraîner des épidémies et surcharger davantage les hôpitaux déjà en difficulté », précise-t-il, soulignant l'importance de la prévention.
Le financement permet de rémunérer six salariés, dont des médecins et des infirmières, tous essentiels au bon fonctionnement de la structure. « Il était question que cette expérimentation soit étendue à l'ensemble du territoire, tant son efficacité a été reconnue », ajoute-t-il.
Un futur inquiétant pour les urgences
Alors que le sursis prend fin en octobre, le Diaconat Protestant envisage d'autres alternatives, notamment le recours à des entreprises pour un soutien financier. « Nous avons une dizaine de médecins et d'infirmières, dont une partie travaille bénévolement. Nous envisageons de solliciter d'autres sources de financement », confie Bonnet.
Le centre collabore également avec d'autres associations, telles que des centres d'accueil pour demandeurs d'asile, pour fournir des soins aux plus démunis. Bonnet craint que la perte de financement pousse ces individus vers les services d'urgence, déjà saturés et souvent mal préparés à les accueillir. « Avec un afflux supplémentaire, cela deviendrait difficile. Nous utilisons des services d'interprétariat pour assurer une prise en charge optimale », précise-t-il.
Actuellement, 75% des patients du centre vivent dans une grande précarité. Un suivi global, axé sur le bien-être mental et social, est également proposé grâce à des psychologues et des assistantes sociales, donnant un sens essentiel à leur mission.







