Le “tigre thaïlandais” n’affiche plus sa vigueur. Ce royaume, en pleine campagne électorale, fait face à des défis économiques alarmants. En trois ans, trois premiers ministres se sont succédé, et un conflit armé avec le Cambodge a également agité la région. Conformément à un sondage de l'institut Gallup, l'économie est la principale préoccupation des électeurs.
Aujourd'hui, la Thaïlande affiche une croissance languissante : seulement 1,6% est prévu pour 2026, selon les experts, alors que des pays tels que le Vietnam et la Malaisie affichent des taux respectifs de 8% et 4,9%. Les chiffres de la Guinéen Zone euro, à 1,5%, témoignent de la désillusion actuelle. Burin Adulwattana, économiste en chef chez Kasikornbank, appelle même le pays 'l'homme malade de l'Asie' dans les pages du Financial Times.
La pandémie a stoppé net un rythme de croissance qui, même en période faste, n'a jamais dépassé les 3% par an, rendant l'objectif d'atteindre un statut de pays à haut revenu (au-delà de 14 000 dollars par habitant) d'ici 2037 quasiment inatteignable. La Banque mondiale souligne que le PIB par habitant n’était que de 7 400 dollars en 2024, souligne un besoin crucial de transformation économique.
Industrie en perte de vitesse
D'aggravation en aggravation, l'économie thaïlandaise souffre d'un recul des exportations industrielles, avec une baisse estimée entre -0,5% et -1,5% selon la Fédération des Industries Thaïlandaises, relayée par Reuters. Le secteur automobile, un pilier essentiel, est menacé, des constructeurs japonais annonçant des fermetures d'usines et des diminutions de production.
Les droits de douane exorbitants des États-Unis, en hausse de 19% durant l’administration Trump, pénalisent les entreprises thaïlandaises. Parallèlement, la valorisation du dollar nuit à la compétitivité des exportations thaïlandaises, entraînant une augmentation des importations chinoises de 20% en 2025, créant un déficit commercial croissant, comme le montre la douane chinoise.
Une crise du tourisme
Parallèlement, le secteur touristique, autre pilier de l'économie, souffre grandement. Avec une chute de 7% des visiteurs étrangers l'année passée, le pays peine à retrouver un niveau suffisant de fréquentation (33 millions de visiteurs contre 40 millions en 2019). L’escalade des tensions frontalières avec le Cambodge n'aide pas à rassurer les potentiels voyageurs.
La réputation de destination économique moins coûteuse est également compromise par l'appréciation du baht, et la concurrence d'autres destinations comme la Malaisie et le Vietnam s'intensifie. Au fond, il devient urgent pour la Thaïlande de rompre avec les modèles traditionnels d'économie stagnant dans le piège du revenu intermédiaire, comme l'indiquait une étude de la Banque mondiale.
Les défis à surmonter sont nombreux : vieillissement démographique, montée du protectionnisme et transition énergétique. En somme, la Thaïlande doit maintenant réfléchir à une nouvelle voie d’avenir pour sortir de cette impasse économique.







