Alibaba a officiellement attaqué le Pentagone en déposant une plainte devant le tribunal fédéral de San José, en Californie, pour contester son inscription sur cette liste noire. Le groupe a précisé que sa désignation comme "entreprise militaire chinoise" était infondée.
Un porte-parole d'Alibaba a déclaré à l'AFP : "La décision d'inscrire notre entreprise sur cette liste est arbitraire et capricieuse. Nous agissons en justice contre le ministère de la Guerre pour exiger notre retrait de cette liste." Clairement, Alibaba ne se considère pas comme une entreprise militaire, ni impliquée dans une stratégie de fusion entre le secteur militaire et civil.
La plainte, rendue publique mercredi, souligne que les allégations du Pentagone sont sans fondement juridique ou factuel. En plus d'Alibaba, d'autres grandes entreprises comme Baidu et BYD ont également été incluses dans cette liste, selon le site d'information BFM TV.
"Ces conclusions n'ont aucun fondement factuel ni juridique", assure la plainte publiée en ligne.
À partir du 30 juin, le Pentagone sera incapable de passer de nouveaux contrats avec les entreprises désignées, ce qui limite également leur capacité à engager des cabinets de lobbying aux États-Unis. Alibaba affirme que cela enfreint ses droits garantis par le Premier amendement, relatif aux libertés fondamentales.
Un contexte de tensions sino-américaines
Les répercussions de cette décision se font déjà sentir. Des lobbyistes qui représentaient Alibaba ont informé la société qu'ils ne pouvaient plus oeuvrer en son nom. En tant qu'entreprise cotée en Bourse aux actions largement détenues par des institutions financières américaines telles que JPMorgan et BlackRock, Alibaba souligne son statut de société civile.
En réponse à cette situation, la Chine a annoncé des sanctions contre diverses entreprises américaines, y compris dans les secteurs de la défense, renforçant les tensions entre Pékin et Washington. Cette escalade coïncide avec la visite récente du président américain Donald Trump à Pékin, qui visait à atténuer les frictions entre ces deux puissances économiques.
Le 11 juin, le groupe pharmaceutique WuXi, lui aussi ajouté à la liste noire, a également porté plainte contre le Pentagone. La situation actuelle souligne la complexité des relations commerciales entre la Chine et les États-Unis, où des accusations d'activités militaires mettent en péril des entreprises technologiques américaines.







