Interrogé sur RTL, le ministre a expliqué sa position en mentionnant : "Je suis en costume et j’ai une cravate, c’est le dress code du ministre. Toutefois, si j’étais à la tête d’une entreprise, je considérerais le port de bermudas, à condition qu’ils soient bien taillés et assortis avec un haut adéquat et des chaussures appropriées." Ce plaidoyer pour le bon sens reflète une réalité du droit du travail français où, souvent, les entreprises déterminent leur propre code vestimentaire.
"Il y a bermuda et bermuda. Si c’est un joli bermuda bien coupé et une chemisette à la mode, je pense que cela peut passer."
Actuellement, le droit français ne prohibe pas le port du bermuda ou du short au travail, laissant cette liberté vestimentaire à l'appréciation de l'employeur. Les exigences vestimentaires peuvent cependant être influencées par des critères de sécurité, d'hygiène ou d'image de marque dans des secteurs spécifiques.
Une jurisprudence célébre sur le bermuda
Il est important de noter que la question vestimentaire au travail a déjà été examinée par la Cour de cassation, qui a établi que le droit de s'habiller librement n'est pas fondamental. L'affaire d'un agent technique de Sagem en 2008, qui a été licencié pour avoir porté un bermuda malgré les instructions de sa hiérarchie, reste emblématique. La Cour a statué que cette interdiction était justifiée par les fonctions exercées par le salarié.
Dans les bureaux, les entreprises de plus de 50 salariés énoncent souvent des restrictions dans leur règlement intérieur. Ces règles doivent être clairement communiquées aux employés pour être appliquées.
Un équilibre à trouver entre liberté et décence
Un jugement de la cour d'appel de Nancy en 1982 a également souligné que l'employeur peut intervenir si la tenue vestimentaire d’un salarié compromet le minimum de décence attendu dans l'entreprise. Les réflexions sur la liberté vestimentaire coïncident avec une prise de conscience accrue des exigences de bien-être au travail, particulièrement pendant les vagues de chaleur.
Depuis le 1er juillet 2025, de nouvelles mesures doivent être mises en place pour protéger les salariés contre la chaleur, y compris l'évaluation des risques liés aux températures élevées. Les entreprises sont tenues d’adapter leur organisation pour assurer le confort de leurs employés, tout en tenant compte des exigences sectorielles qui demeurent.







