Une trentaine de députés, parmi lesquels Boris Tavernier, député écologiste du Rhône, élaborent une proposition de loi demandant à la grande distribution de renoncer à ses marges sur les produits issus des collectes alimentaires. Selon une exclusivité de franceinfo, ce projet vise à assurer que ces bénéfices soient reversés aux associations caritatives. "C'est une question de solidarité," souligne Tavernier, "nous demandons à la grande distribution de ne pas profiter de la générosité des citoyens".
En France, près de 10 millions de personnes souffrent de précarité alimentaire, souligne le Centre de recherche sur les conditions de vie. Pour remédier à cette situation, des solutions innovantes comme celle envisagée par ces députés pourraient avoir un impact significatif. Les supermarchés, note Tavernier, engrangent souvent des bénéfices sur des produits donnés qui devraient plutôt être destinés à l'aide alimentaire.
Une loi qui pourrait générer des millions
Biocoop, un réseau de magasins bio, a déjà adopté une politique similaire en renonçant à ses marges sur les produits collectés. Bien que représentant moins de 1% du marché alimentaire français, Biocoop reverse plus de 250.000 euros chaque année à des associations. Selon Tavernier, une telle loi pourrait rapporter "quelques millions d'euros" et contribuer significativement à l’aide alimentaire.
Henri Godron, président de Biocoop, explique que ce système est facile à mettre en œuvre dans les supermarchés. "Les associations peuvent simplement scanner le produit et voir immédiatement les marges reversées", indique-t-il. Ce modèle pourrait inspirer d'autres enseignes de la grande distribution.







