Lundi, une offre de reprise stratégique pour Fibre Excellence, qui possède les deux dernières usines de pâte à papier en France, a été soumise au tribunal de commerce de Toulouse par les dirigeants de l'entreprise.
Le porte-parole de Fibre Excellence a déclaré à l'AFP : "L'offre a été déposée à 12H00. L'objectif est de créer une nouvelle entité qui reprendra l'intégralité des actifs et des salariés". Ce groupe est en redressement judiciaire depuis le 27 avril dernier.
Proposée par le président Jean-François Guillot et son équipe de direction, l'offre a d'abord été soumise aux organisations syndicales. Un communiqué de presse détaillant les conditions de ce plan de relance devrait être diffusé dans l'après-midi, après que l'actionnaire indonésien ait décidé de se retirer, face à des difficultés de rentabilité.
La direction a indiqué que cette initiative bénéficiait du soutien des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui ont promis d'inclure de nouveaux investisseurs dans l'opération financière. L'entreprise, qui emploie actuellement 670 salariés, se trouve à un tournant critique.
Le tribunal a fixé le 1er juin comme échéance pour le dépôt des offres de reprise, tandis qu'une audience se tiendra le 17 juin pour examiner cette unique proposition. Des sources proches de la direction notent que cette proposition pourrait être la clé pour maintenir l'activité des usines de Saint-Gaudens et Tarascon.
La région Occitanie, très engagée dans la sauvegarde de l'entreprise, a annoncé sa volonté de contribuer à hauteur de 5 millions d'euros pour faciliter le processus de reprise. Cependant, des inquiétudes persistent, notamment sur les "clauses suspensives" à lever avant le 17 juin; un enjeu majeur est le prix de l'énergie, jugé inadéquat par rapport aux demandes des repreneurs.
Fibre Excellence ne se limite pas à la production de pâte à papier, elle génère également de l'électricité à partir de matières premières comme le bois, une activité actuellement déficitaire. La direction appelle à une révision des tarifs de rachat de l'électricité, une hausse de 20 % proposée par le gouvernement ne suffisant pas, selon leurs déclarations.
La liquidation judiciaire du groupe inquiète non seulement ses employés, mais également toute la filière bois, car Fibre Excellence représente un besoin emblématique pour cette industrie. Stéphane Cazaubon, délégué général de Fibois Occitanie, a alerté sur le fait que "Fibre Excellence consomme 135 semi-remorques de bois par jour, et sa fermeture menace des milliers d'emplois indirects".
Depuis la mise à l'arrêt des usines fin avril, les fournisseurs de bois dans plusieurs régions, notamment en Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte-d'Azur, ressentent déjà les effets néfastes de cette situation avec des pertes financières et des défis de stockage importants.







