Ce lundi 1er juin, le CNRS et l'Université Clermont Auvergne inaugurent une semaine dédiée à la préservation de l'environnement et de la biodiversité. La zone humide du lac d'Aydat, restaurée en 2012, illustre parfaitement ce processus de réhabilitation.
"Cette zone humide avait disparu dans les années 70 à cause de travaux de terrassement", explique Aurélien Mathevon, technicien des rivières au syndicat mixte des vallées de la Veyre et de l'Auzon. Au cours de cette journée, il guide une visite de ce site emblématique et souligne son rôle crucial dans l'amélioration de la qualité des eaux du lac.
Comblée pour créer un parking, une aire de jeux et un terrain de football, la zone humide a été redessinée en 2012 après de longs travaux. Les sols ont été adaptés pour créer une zone marécageuse agrémentée de bassins de sédimentation et de sentiers, permettant d'accéder au site.
"L'objectif principal était de garantir une qualité de l'eau optimale pour la baignade", insiste Mathevon. Aujourd'hui, ce milieu agit comme un filtre naturel, éliminant les éléments nocifs tels que nitrates et phosphates, qui favorisent les algues nuisibles.
Un écosystème florissant
Depuis la réhabilitation, aucune interdiction de baignade n'a été constatée à cause de ces cyanobactéries, se réjouit Mathevon. Bien qu'une interruption en 2024 ait eu lieu suite à un déversement de lisier sur la rivière Veyre, la zone humide s'avère être un habitat riche en biodiversité.
Les eaux du lac d'Aydat sont également d'un grand intérêt pour les scientifiques. "C'est un site fascinant, combinant eaux souterraines et de surface", se réjouit Cyril Aumar, hydrogéologue au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).
Une efficacité mesurée
Depuis 2024, Aumar surveille près de quarante capteurs sur le bassin versant, avec des analyses mensuelles. "Nous observons une variation chimique significative, montrant l'efficacité de la zone humide", commente-t-il. Le lac d'Aydat, formé par une coulée de lave, est le plus grand lac naturel de la région auvergnate, s'étendant sur 66 hectares.
Les efforts de restauration de cette zone humide offrent un modèle inspirant pour d'autres projets similaires à travers la France, et démontrent l'impact positif que de telles initiatives peuvent avoir sur la biodiversité locale.







