Une véritable guerre des mots s'installe autour du RSA dans le Finistère. La CGT du département, qui a depuis plusieurs mois dénoncé d'inquiétantes irrégularités dans les contrôles des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), voit son secrétaire, Ludovic Morin, attaqué en diffamation par Maël de Calan, le président divers droite du département. Ce dernier a exprimé sa volonté de clore ce qu'il considère comme des « propos graves et inacceptables », soulignant qu'il ne se laisserait pas « insulter ».
La CGT de Finistère, appuyée par plus d'une centaine de témoignages, a déposé plainte en mars pour « harcèlement par instigation des allocataires ». Ludovic Morin souligne que les procédures de contrôle se sont intensifiées depuis 2021, suscitant la colère des allocataires. Plusieurs d'entre eux rapportent des pratiques jugées excessives, allant jusqu'à des suspensions d’aide, comme le détaille un récent article de L’Humanité.
Un parcours de contrôle jugé intrusif
Le processus, selon Ludovic Morin, est devenu un véritable parcours du combattant pour les allocataires. « Les allocataires reçoivent un premier courrier très intrusif, demandant des relevés bancaires, puis des justifications de dépenses sur plusieurs mois et même des précisions sur leur vie. Chaque omission peut entraîner une radiation, les laissés-pour-compte ressortent broyés », affirme-t-il. Des sentiments d'angoisse et d'épuisement psychologique se font ressentir parmi les bénéficiaires, autant de témoignages recueillis et partagés par la CGT.
Présent lors d'une récente table ronde, un expert en droit social a relevé que « la multiplication des contrôles peut effectivement ressembler à une forme de harcèlement institutionnel, impactant gravement la santé mentale des allocataires ».
Maël de Calan, de son côté, défend avec véhémence son action, soutenant qu'elle s’inscrit dans une démarche de « lutte contre la fraude, prévue et encadrée par la loi, qui est absolument normale et nécessaire ». En se réjouissant de la baisse du nombre d'allocataires dans le département — passant de 18 000 à 13 500 en quatre ans — il assure qu'il protège l’intérêt public. Une assertion que la CGT conteste vigoureusement, la considérant comme un « service public de l’exclusion ».
Le 15 juin se tiendra l’audience qui tranchera ce conflit qui divise profondément le Finistère, et qui témoigne des tensions persistantes autour des politiques sociales en France.







