SpaceX est sur le point de lancer la toute dernière version de sa méga fusée Starship, la plus imposante au monde, lors d'un vol test très attendu qui survient à un moment stratégique pour la société fondée par Elon Musk. Ce lancement, programmé pour jeudi à 17h30 heure locale au Texas (00h30 à Paris), précède l'entrée en Bourse de l'entreprise annoncée pour le mois de juin et qualifiée de potentiellement la plus conséquente de l'histoire.
Avec ce lancement, SpaceX tentera d'illustrer les progrès réalisés depuis sa dernière mission, qui a eu lieu il y a sept mois. Cette version de Starship, haute de 124 mètres, inclut des améliorations qu'il est crucial pour l'entreprise de démontrer. En plus, le premier étage de la fusée ne sera pas récupéré, une décision qui diffère des précédentes missions où SpaceX avait réussi à ramener le propulseur.
Le chargé de mission de cette expérience inclura le déploiement de 20 satellites factices et deux satellites Starlink avec caméras, afin d'évaluer l'efficacité du bouclier thermique de l'appareil. Cette mission devrait durer environ 65 minutes, avant un amerrissage prévu dans l'océan Indien.
Un alunisseur pour la Nasa : un enjeu essentiel pour l'humanité
Ce vol est d'autant plus crucial, car une version modifiée de cette fusée est destinée à servir d'alunisseur pour la NASA, qui prévoit d'envoyer des astronautes sur la Lune d'ici 2028, en concurrence directe avec la Chine, qui a des ambitions similaires pour 2030. Cela suscite des inquiétudes à Washington, où un retard pourrait compromettre les objectifs fixés.
Le physicien et ancien directeur d'un centre de recherche de la Nasa, Scott Hubbard, souligne que ce lancement pourrait déterminer si les partenariats publics-privés sont viables pour l'exploration lunaire. "Si tout se passe bien, cela pourrait contribuer à établir de nouvelles infrastructures et ouvrir la porte à davantage de contrats pour des missions lunaires", déclare Antoine Grenier, un analyste du secteur spatial.
En parallèle, la concurrence avec Blue Origin, dirigée par Jeff Bezos, renforce les enjeux en matière de technologie spatiale. Alors que les deux entreprises revoient leurs priorités vers les explorations lunaires, des doutes persistent quant à leur capacité à remplir leurs promesses dans les délais impartis.
Le lancement de ce jeudi est un test décisif qui pourrait changer la dynamique du secteur spatial. La NASA a prévu d'entamer une mission préparatoire en 2027 et d'envoyer des astronautes sur la surface lunaire lors de la quatrième mission Artemis. Cependant, des experts comme Hubbard mettent en garde, notant que la démonstration de la capacité de ravitaillement en orbite demeure un défi technique majeur que les entreprises doivent surmonter.







