L'union locale de la CGT de Forbach a annoncé son intention de porter plainte contre Forbus, dénonçant l'utilisation inappropriée de caméras pour surveiller les conducteurs de bus. La direction de l'entreprise n'a pas souhaité faire de commentaire sur cette affaire.
Depuis l'arrivée d'une nouvelle direction en 2022, les syndicats ont exprimé des préoccupations quant à la dégradation des conditions de travail. En tout, 11 salariés ont saisi le Conseil des Prud'hommes, parmi lesquels 9 pour des licenciements. Selon Force ouvrière, la direction a refusé de commenter en affirmant que la gestion du personnel était une affaire interne ne nécessitant pas de prise de position publique. Cette réponse a laissé les employés sans explications concernant leur situation.
Les trois salariés concernés par ces licenciements affirment n'avoir jamais été informés de l'utilisation des caméras de vidéosurveillance installées à bord des bus pendant leur travail. Nadia, conductrice de bus depuis 11 ans, s'indigne : "La vidéoprotection est censée protéger les usagers et le personnel, pas les sanctionner".
Neuf procédures pour licenciement aux prud'hommes
Les syndicats sont en lien direct avec les salariés affectés par ces licenciements controversés. Comme le souligne Nordine Guehrar, délégué syndical de Force ouvrière : "Il est inacceptable que la direction utilise les caméras à des fins disciplinaires". Cela soulève des questions éthiques, notamment sur les violations potentielles de la vie privée au travail.
Pierre*, un chauffeur de bus avec plus de 14 ans d'expérience, raconte son expérience des licenciements : "On m'a reproché d'avoir pris un croissant et un café au volant. En tant que diabétique, je dois m'alimenter pour éviter des hypoglycémies". De son côté, Nadia explique la détresse psychologique engendrée par son licenciement : "Je suis anéantie, je suis désormais en dépression suite à cette situation".
Les deux conducteurs espèrent que leurs recours auprès des prud'hommes permettront une éventuelle réintégration au sein de l'entreprise. Les syndicats continuent de dénoncer ces méthodes, plaidant pour une révision des pratiques de surveillance et de gestion des employés chez Forbus. Ils insistent sur le fait que le droit du travail doit être respecté afin de garantir un environnement de travail juste et éthique.
*(Le prénom a été modifié)







