Les orages de grêle qui ont frappé la vallée de la Drôme la semaine dernière ont laissé des séquelles sévères sur les exploitations agricoles. Parmi les cultures sinistrées, l’ail drômois subit de plein fouet les conséquences de ces événements climatiques. À quelques semaines de la récolte, les producteurs s’inquiètent d’une diminution significative de leurs volumes cet été.
À Grane, sur l’exploitation de Lilian Lattard, les effets de cette intempérie sont flagrants. Les feuilles d’ail portent encore les marques des impacts de la glace. Certaines sont brisées, d'autres ont connu un changement de couleur. "Normalement, la plante devrait être bien verte mais là, des points blancs apparaissent. Ce sont les impacts des grêlons, et la plante est endommagée, craquée de partout," explique Lilian Lattard.
Après la grêle, les maladies
Les dégâts causés par la grêle ont sérieusement entravé la photosynthèse, ce qui ouvre la voie à une prolifération potentielle de maladies. "Le stemphylium et une bactérie nommée 'café au lait' peuvent rendre l'ail tout marron. La fusariose est également une menace," prévient le cultivateur de 60 ans. Actuellement, évaluer les pertes reste difficile. Lilian s’inquiète pour l'avenir : "Je ne sais pas ce que je vais récolter, ni l'état sanitaire de mes ails. Ils seront-ils vendables ou pas ? Il est impossible d’anticiper nos revenus cette saison," souligne-t-il.
Sur ses six hectares cultivés, il espère sauver au moins deux hectares, ceux qui ont été moins touchés par la grêle. Toutefois, dans la vallée, beaucoup de producteurs craignent déjà une saison compliquée. La Drôme représente 85 % de la production nationale d'ail de semence certifié, et la situation actuelle pourrait avoir des impacts durables.
Raphaël Reboul, un autre producteur installé à Grane, partage ses inquiétudes : "J'ai constaté de nombreuses taches sur mes plants, mais mes feuilles ne sont pas complètement déchirées." Le président de l'association Prosemail, qui regroupe les producteurs de plants certifiés d'ail et d'échalote, redoute également des pertes importantes, estimées entre 5 à 10 % minimum en raison des maladies qui pourraient contaminer les cultures.
Malgré des récoltes quant à elles en baisse, l’augmentation des prix sur les marchés ne semble pas à l'ordre du jour pour l’instant. Cela signifie que l'ail drômois risque d'être plus rare cet été, sans nécessairement se traduire par une augmentation significative des prix.







