Julien Le Guet, porte-parole du mouvement Bassines Non Merci, se retrouve de nouveau devant un tribunal, après une plainte pour diffamation déposée par l’ancienne préfète des Deux-Sèvres, Emmanuelle Dubée. Ses soutiens dénoncent des « procédures judiciaires bâillons », considérant qu'elles visent à réduire au silence la contestation écologiste.
Le jeudi 30 mars 2023, avec un mégaphone à la main, Le Guet a déclaré : « Un gouvernement abject, un Darmanin assassin et une préfète assassine » lors d'une manifestation devant la préfecture des Deux-Sèvres. Cette déclaration, filmée, a permis à Dubée de porter plainte contre lui, menaçant ainsi sa liberté d'expression.
Ce rassemblement, surnommé « Sainte Soline 2 », a permis de rassembler près de 30 000 personnes opposées aux méga-bassines. Le jour de l’événement, les affrontements avec les forces de l’ordre ont blessé plus de 200 manifestants et 47 gendarmes, illustrant les tensions entre la société civile et l'État.
Une pluie de procédures judiciaires
Julien Le Guet doit faire face à plusieurs autres procédures judiciaires. En février et mai 2026, il a été condamné à des amendes et à porter un bracelet électronique pour avoir organisé des rassemblements « anti-bassines », notamment « Sainte Soline 1 » et « La grillade party ». En avril dernier, il a été convoqué par la cour d'appel de Poitiers pour l'organisation de « Sainte Soline 2 ».
Le 29 juin, il devra également répondre d'une accusation de diffamation pour un graffiti inscrit devant les locaux de la gendarmerie à Niort, visant un colonel. Ces multiples poursuites sont jugées par ses partisans comme un signe d'acharnement de la part des autorités.
Ces événements ont suscité un débat intense sur la liberté d'expression. Des experts comme Pierre Durand, sociologue à l'Université de Bordeaux, affirment que ces procédures pourraient avoir un effet dissuasif sur la mobilisation citoyenne : « Chaque procédure judiciaire est un coup porté à la possibilité de s'exprimer librement contre des décisions néfastes pour l'environnement ». Les organisateurs et militants opposés aux méga-bassines continuent de dénoncer ce qu'ils qualifient d'injustes attaques contre la légitimité de leur lutte.
Cet environnement judiciaire devient, pour Le Guet et ses associés, un véritable champ de bataille où la défense du vivant et des libertés fondamentales sont en jeu. La question se pose : jusqu'où ira la répression face à un mouvement de plus en plus déterminé à s'opposer aux projets destructeurs de l'environnement ?







