Fos-sur-Mer, près de Marseille, a récemment été le théâtre d'une annonce déconcertante : la société Carbon a mis fin à son projet d'usine gigantesque de panneaux photovoltaïques. Avec un potentiel de création de plus de 3.000 emplois pouvant produire jusqu'à 5 GW d'énergie solaire, ce projet aurait pu transformer le paysage énergétique local.
Dans un communiqué, Carbon, actuellement en liquidation judiciaire, a exprimé son désappointement face à l'évolution trop lente du marché européen de l’énergie solaire, déclarant qu'il n'y a « aucune visibilité » sur l'émergence d'un marché pérenne. « Les délais d'attente sont rudes, et l'absence de législation claire pose problème », a précisé l'entreprise.
Des espoirs déçus
Carbon n'était pas seule dans ses ambitions : avec la construction d'une autre méga-usine à Hambach (Moselle), la société espérait propulser la France sur le devant de la scène solaire, face à une concurrence chinoise écrasante qui contrôle 85% du marché mondial. Toutefois, le polysilicium, essentiel à la production de panneaux, est majoritairement importé de Chine, ce qui complique la viabilité du projet. Pierre-Emmanuel Martin, président de Carbon, a expliqué que la transparence du marché européen n’est toujours pas acquise.
Les inquiétudes autour de ce projet ont été partagées par des autorités locales. Philippe Maurizot, maire de Fos, a fait part de sa prudence dès le départ, exprimant des doutes sur la capacité de la France à concurrencer les géants chinois. « Concurrencer la Chine dans un secteur où elle est en position de force depuis longtemps semble une gageure », a-t-il commenté. Ce projet, initialement doté d'un budget d'investissement de 1,5 milliard d'euros, laisse désormais un goût amer dans la région.
Face à ces défis, l'avenir des projets d'énergie renouvelable en France reste incertain, bien que des initiatives locales commencent à émerger, notamment celle de Rennes qui prévoit d’utiliser l'énergie solaire pour alimenter ses lignes de métro. Pour de nombreux observateurs, ces mesures montrent qu'un engagement clair est nécessaire pour faire face à la crise climatique.







