C'est un quotidien difficile pour les centaines de milliers d'usagers de la ligne J du Transilien (SNCF Voyageurs). Chaque jour, ils doivent faire face à des trains bondés, des trajets prolongés et une exaspération palpable. Cette situation, qui implique 509 trains par jour pour environ 277 000 passagers, est devenue insupportable.
Tout a commencé lorsqu'un défaut de 10 centimètres a été détecté sur un rail, provoquant des dommages aux essieux de plusieurs rames. La SNCF a été contrainte de retirer près de 60 trains, représentant 40% de son parc, entraînant une réduction drastique de l’offre, notamment en heure de pointe où un train sur deux circulait.
Les usagers expriment leur colère sur la page dédiée: "les matins, nous sommes entassés comme du bétail, et le télétravail n'est plus une option", se plaint un voyageur. Un autre ajoute : "Nous payons pour un service qui n'est pas rendu, c'est injuste".
Les longues attentes sont encore plus éprouvantes pour ceux venant de villes comme Les Mureaux ou Verneuil, comme le souligne Arnaud Bertrand, président de l'association "Plus de trains", dans une interview accordée à France 3. "Le temps passé debout dans des trains bondés est devenu insupportable", insiste-t-il.
4.000 roues à examiner, des centaines à reprofiler
Alain Ribat, directeur de Transilien SNCF Voyageurs, a tenté ce mardi d'expliquer la situation par une lettre, mais sans apporter de réels espoirs. Aucun retour à la normale n'est attendu avant la mi-juillet. Même si le rail défectueux a été réparé, tous les trains doivent être minutieusement vérifiés. Environ 60 rames sont immobilisées pour des vérifications et réparations diverses.
Le processus de reprofiler les essieux, réalisé dans des installations spécialisées, est complexe et exigeant. Chaque intervention sur une rame prend jusqu'à 16 heures et 4 000 roues doivent être examinées, les équipes intervenant jour et nuit pour accélérer la procédure.
Une situation sous tension
Pour gérer cette crise, 70 agents de maintenance sont spécialement affectés, mais selon Sud Rail, les technicentres souffrent d'un manque de moyens et de pannes fréquentes. L'organisation appelle à davantage de ressources pour une résolution efficace.
Le directeur précise que la situation restera tendue jusqu'à fin mai, sans augmentation significative de l'offre de trains. Une amélioration progressive est attendue début juin, mais cela ne répond pas aux actualités. En attendant, la SNCF recommande aux voyageurs d'éviter les heures de pointe, ce qui est difficile, surtout pour ceux aux horaires rigides.
Enfin, bien que la région Île-de-France ait reconduit SNCF Voyageurs pour l'exploitation de la ligne J, les préoccupations des usagers sur le service et le dédommagement approprié restent sans réponse.







