L'Union européenne a déclaré, ce mardi, qu'elle mettrait en place un "soutien exceptionnel" pour aider les agriculteurs en difficulté face à l'augmentation spectaculaire des prix des engrais, aggravée par le conflit au Moyen-Orient.
Lors d'une session au Parlement européen à Strasbourg, le commissaire à l'Agriculture, Christophe Hansen, a indiqué que bien que les montants de l'aide n'aient pas été détaillés, la Commission européenne prévoit d'utiliser une partie des 200 millions d'euros réservés pour des situations de crise. Cette annonce intervient alors que des organisations agricoles ont exprimé leurs inquiétudes en se mobilisant devant le Parlement.
"Les agriculteurs ne peuvent pas supporter ces prix indécents à long terme", a averti Francie Gorman, représentant des agriculteurs irlandais. "Nous allons assister à une baisse de l'utilisation des engrais, qui se traduira par une chute de la production alimentaire". Ce constat inquiétant fait suite à une flambée des prix des engrais, notamment ceux à base d’azote, qui coûtent désormais environ 500 euros la tonne, contre 380 euros l’hiver dernier.
Tiffanie Stephani, lobbyiste pour l’entreprise d’engrais Yara, a souligné que cette guerre a permis de prendre conscience de l'importance stratégique du secteur des engrais. Le plan d'action de l'UE se concentre sur le soutien aux céréaliers, très affectés par des coûts croissants et une récolte de blé déterminée par des conditions climatiques défavorables, notamment des pluies excessives. Le prix du blé en France est désormais en dessous de 200 euros la tonne, exacerbant les difficultés.
Face à cette urgence, la Commission se tourne également vers des solutions à long terme, telles que la diversification des sources d'approvisionnement et le soutien à la production locale d'engrais, tout en assouplissant les règles sur l'utilisation de digestat, au risque d'inquiéter les défenseurs de l'environnement.
Concernant les engrais importés, la Commission n'envisage pas de lever sa taxe carbone aux frontières malgré les demandes des agriculteurs. Elle insiste sur le fait que des ajustements temporaires de la législation ont déjà été réalisés afin de minimiser l'impact économique.
Bien que des pressions soient exercées pour réduire les taxes sur les engrais provenant de Russie et du Bélarus, l'UE semble déterminée à maintenir ses efforts pour se désengager de sa dépendance aux produits russes et bélarusses, afin de priver ces pays de ressources qui alimentent des conflits, tels que celui en Ukraine.







