Une récente étude de l'Atelier parisien de l'urbanisme (Apur) révèle qu'entre 2019 et 2025, les Parisiens ont bénéficié d'économies moyennes de 81 euros par mois, soit près de 968 euros par an grâce à l'encadrement des loyers. Cette mesure, instaurée en réponse à l'explosion des prix du logement, semble avoir un impact tangible sur le budget des ménages parisiens. De plus, sur la période la plus récente, de juillet 2024 à juillet 2025, les économies pourraient même atteindre 1 019 euros.
Les résultats, confirmés par l'étude de l'Apur, montrent que les loyers sont en moyenne inférieurs de 5 % à ceux estimés sans dispositif d'encadrement. "Nous avons constaté une efficacité manifeste de l'encadrement des loyers à Paris", souligne Apur, accompagné dans cette recherche par les centres de Cesaer et Lép ainsi que SeLoger.
Un effet plus visible sur les petites surfaces
Selon les données, l'encadrement des loyers est plus efficace pour les petites surfaces. Par exemple, pour les logements de moins de 18 m², les loyers sont en moyenne 12,4 % inférieurs à ceux qui seraient observés sans ce cadre. Cependant, la pression est intense, avec 68,5 % des loyers de ces petites superficies dépassant les limites imposées.
Il est troublant de constater qu'une annonce immobilière sur deux à Paris excède le plafond autorisé, principalement dans les arrondissements de l'Ouest et du Centre. La question de l'effet de l'encadrement sur l'offre locative reste délicate ; les chercheurs estiment que si tous les bailleurs respectaient la réglementation, les loyers pourraient être inférieurs de 10,1 %.
Pas d'impact durable sur l'offre locative
Contrairement à certains détracteurs qui prétendent que l'encadrement des loyers contribue à la pénurie de logements, les experts affirment qu'il n'y a pas d'effets durables ni significatifs sur l'offre locative à Paris entre 2018 et 2025. Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, a insisté sur la nécessité de maintenir cette mesure, soulignant qu'une éventuelle cessation entraînerait un choc économique majeur pour les locataires. "Cela serait brutalissime et aurait des répercussions significatives sur la société", a-t-il averti.
Actions et recommandations
Grégoire a également évoqué les manœuvres habiles de certains bailleurs pour contourner l'encadrement, comme le recours à des baux civils. Pour contrer ces abus, il a proposé des mesures comme une campagne de "testing" par la brigade de protection du logement et l'utilisation d'une approche dite de "Name and Shame" pour dénoncer publiquement les fraudeurs.
Il a par ailleurs appelé le gouvernement à pérenniser l'encadrement des loyers, actuellement en phase d'expérimentation dans environ 70 communes de France. Pourtant, le processus législatif semble embourbé, menaçant ainsi la continuité de cette régulation.
Dans un climat de tensions sur le marché de l'immobilier, les résultats de cette étude sont cruciaux et soulignent l'importance d'un cadre de régulation solide pour protéger les locataires parisiens dans un avenir incertain.







