"Mon frère! My brother!" Emmanuel Macron, chaleureux avec ses homologues mais résolument defendu de son bilan, a lancé un message d’une grande positivité lors de sa tournée en Afrique. Ce voyage de cinq jours, symbolique d’un renouveau, s’est articulé autour d'un discours pro-business.
D’Alexandrie en Égypte à Addis-Abeba en Éthiopie, le président français a multiplié les interventions pour mettre en avant un continent « dynamique », décrit comme le plus jeune et celui à la croissance la plus rapide.
À Nairobi, il a consacré trois jours aux côtés du président kényan William Ruto, son nouvel allié stratégique sur le continent. Ensemble, ils ont présenté une vision commune de la réforme de l’architecture financière internationale, un sujet qu’ils défendront lors du prochain sommet du G7, prévu à Evian en juin.
Les deux dirigeants, souvent reliés par des gestes amicaux, ont réaffirmé que les Africains ne recherchent plus de l’aide, mais des investissements. C’est un message qui se veut clair : diriger le regard vers l’avenir plutôt que de s’attarder sur les erreurs passées, conformément au thème du sommet "Africa Forward".
Cependant, le discours de Macron n’a pas été sans controverse. Alors que des questions persistent sur l’émergence d’un sentiment anti-français dans plusieurs pays, il a exprimé son agacement face à ces critiques. Interrogé sur les tensions avec les juntes militaires, notamment au Sahel, il a dénoncé une "ingratitude" envers la France et a minimisé leur influence sur la région.
Il a également reconnu qu’il aurait dû "repenser notre présence militaire plus tôt" en Afrique, un aveu qui pourrait refléter une prise de conscience face aux défis historiques et actuels. Selon un diplomate français, "Nairobi n'est pas le signe d'un échec", mais plutôt une démonstration de la démarche inclusive que Macron tente de promouvoir.
Ce sommet a été l'occasion de mettre en avant plusieurs thèmes de son discours fondateur fait à Ouagadougou en 2017. Le sport et la culture y ont trouvé leur place, avec une loi sur la restitution des œuvres d’art et un échange avec des représentants des diasporas africaines au programme.
Côté économique, un forum des affaires à Nairobi a permis d'annoncer des engagements d'investissement totalisant 23 milliards d'euros, avec une grande majorité venant du secteur privé. Ces initiatives visent à donner un coup de fouet à l'influence française en Afrique, loin de l'ombre de la Françafrique.
Dans un climat de soutien mais aussi de critiques, une scène particulière a retenu l'attention : face à une assistance bruyante, Macron a demandé le silence d’une manière énergique, action détournée sur les réseaux sociaux qui a suscité des réactions contrastées. L’ex-candidate à la présidentielle, Ségolène Royal, a exprimé des réserves sur cette attitude perçue comme une réminiscence d’un comportement néocolonial.
D’un autre côté, des proches du président ont qualifié cette réaction d'"authentique" et universelle, notant que les critiques émises par les militants devraient être nuancées, car de nombreux observateurs ont trouvé cette scène sympathique. Malgré des échos de critiques, le voyage de Macron en Afrique affirme sa volonté de réformer les relations entre la France et le continent.







