Face à la crise énergétique exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, une forte tendance se dessine chez les automobilistes népalais qui se tournent vers les véhicules électriques, propulsant le pays vers un des marchés de voitures écologiques à la croissance la plus rapide au monde. À Katmandou, Purushottam Adhikari, qui conduit un minibus électrique, reste serein, considérant cette crise comme une opportunité économique.
"Mon activité n'est pas touchée. Au contraire, de plus en plus de gens se tournent vers les véhicules électriques", affirme-t-il, parcourant environ 300 kilomètres chaque jour.
Le Népal, riche en hydroélectricité grâce aux rivières himalayennes, devient le deuxième pays au monde à adopter rapidement les véhicules électriques. Entre 2024 et 2025, il a importé environ 13 500 de ces véhicules, un chiffre deux fois supérieur à celui des véhicules thermiques. Pour donner une idée de l'évolution, il y a dix ans, seulement 7 véhicules électriques avaient été importés, selon les données officielles. Les récentes augmentations des prix du pétrole, qui ont presque doublé depuis fin février, ont pour effet de faire grimper le coût des transports.
"Une recharge complète me coûte 8 dollars (6,80 euros) contre plus de 66 dollars (56,30 euros) pour un véhicule diesel", souligne M. Adhikari, qui a maintenu ses tarifs malgré les récents événements mondiaux. L'essor des bornes de recharge sur les grands axes favorise désormais les trajets longue distance et encourage les népalais à faire le pas vers l'électrique. Susmita Bishowkarma, 20 ans, a opté pour ce mode de transport, jugé plus "respectueux de l'environnement".
Des heures d'attente pour faire le plein
De plus, elle trouve cela "confortable et relativement bon marché" lorsqu'elle monte dans le minibus Joylong A6, un modèle chinois. La guerre au Moyen-Orient impacte également le Bangladesh et le Pakistan, voisins du Népal, où les automobilistes passent parfois des heures à faire le plein dans les stations-service, tandis que le Népal, bien qu'il dépende entièrement de l'importation de pétrole, évite pour le moment les pénuries.
"La montée des véhicules électriques est l'une des raisons majeures évitant une pénurie de pétrole ici", explique Govind Raj Pokharel, expert en énergies alternatives.
À Katmandou, les taxis et voitures électriques sans émissions sont de plus en plus fréquents, estimant à jusqu'à 60 % le nombre de minibus entrants dans la capitale qui sont déjà électriques. Avec une flotte totalisant environ 50 000 véhicules électriques au milieu de 6,2 millions de véhicules motorisés, le Népal montre une large tendance vers la décarbonisation. Selon le ministère des Transports, ces chiffres devraient continuer de grimper.
Difficile de répondre à la demande
Des centaines de véhicules électriques sont en attente de dédouanement. Le gouvernement a annoncé son intention de remplacer environ 10 000 véhicules endommagés lors des troubles de l'année dernière par des modèles électriques, en phase avec sa politique d'énergie verte, selon Amrit Lamsal, porte-parole du ministère des Finances. Les concessionnaires, quant à eux, constatent une demande dépassant l'offre.
Ritima Pandey, responsable des relations clients chez Venture Motors, souligne la difficulté à répondre à cette demande croissante : "Avec la hausse des prix du diesel, beaucoup échangent leurs véhicules thermiques contre des vans électriques". Cela indique un changement plus large, alors que les écoles et universités envisagent également d'introduire des flottes électriques, selon Dinesh Raj Pandeya, un concessionnaire local. Pour l'expert Pokharel, le moment est venu pour les décideurs d'encourager la production et l'assemblage de véhicules électriques localement, garantissant ainsi une solution durable à long terme. La Chine, actuelle leader du marché népalais, représente à elle seule plus de 75 % des importations de véhicules électriques.







