L'action d'Alstom a connu une forte baisse vendredi à la Bourse de Paris, à la suite de l'annonce d'une révision à la baisse de ses objectifs de performance. Cette nouvelle, communiquée par la direction récemment installée, a déclenché un mouvement de vente massif.
Le titre du célèbre constructeur ferroviaire a terminé la journée à 16,64 euros, enregistrant un déclin de 27,15 %. Bien que la chute ait ralenti vers la fin de la session, la situation reste préoccupante pour les investisseurs.
Lors d'une réunion extraordinaire du conseil d'administration, Alstom a révélé des résultats préliminaires peu encourageants pour l'exercice 2025-2026, se terminant en mars. Ces résultats sont nettement inférieurs aux prévisions précédemment établies, poussant le groupe à inscrire une provision additionnelle dans ses comptes pour compenser les retards de livraison.
La marge d'exploitation ajustée devrait être autour de 6 %, une diminution notoire par rapport à l'exercice antérieur où la société s'attendait à atteindre environ 7 %.
Les résultats définitifs seront présentés le 13 mai, mais la direction a déjà mis en garde que les objectifs de flux de trésorerie disponible pour 2026-2027 ne seront pas atteints et que la prévision de marge d'exploitation de 8 à 10 % est également abandonnée.
Martin Sion, le nouveau directeur général, a souligné que certains projets majeurs ont avancé moins rapidement que prévu, ce qui a impacté les marges et la trésorerie. Il a indiqué : "Dans ce secteur, la planification précise et l'exécution disciplinée sont vitales. Les retards enregistrés affectent notre performance à court terme." Selon lui, bien que des commandes significatives aient été prises, la rentabilité n’a pas été à la hauteur des attentes.
Alstom a omis de détailler les modèles et les clients affectés par ces retards, mais il est de notoriété publique que les futurs TGV M, commandés par la SNCF, ainsi que des rames pour le RER B, subissent des délais.
En dépit de ces défis, Alstom se félicite d’un carnet de commandes record, atteignant 27,6 milliards d'euros pour 2025-2026, propulsant son total au-delà de 100 milliards d'euros. Le groupe prévoit de dévoiler un plan de transformation opérationnelle et de nouvelles ambitions pour 2026-2027.
Selon Andrea Tueni, responsable des marchés chez Saxo Banque France, "la perte de visibilité sur les objectifs à moyen terme est principalement sanctionnée par le marché". Il a ajouté qu'Alstom ne remet pas en question sa capacité à réaliser son activité, mais plutôt sa compétence à transformer ses contrats en liquidités.
Une source proche du dossier a relativisé ces inquiétudes, indiquant que "les marges sur le carnet de commandes n'ont jamais été aussi élevées" et que la direction actuelle fait preuve de prudence alors qu'elle découvre un secteur ferroviaire complexe.
"La nature du secteur ferroviaire implique des négociations longues avec les clients, ce qui peut alourdir les coûts et étendre les délais", a précisé cette source, soulignant les défis présents dans l'industrialisation et la planification des projets.







