Les acteurs de la prévention du suicide dans l'Indre avez conçu le malêtromètre, un outil novateur pour aider les jeunes à verbaliser leurs émotions et à identifier des interlocuteurs appropriés. Un atelier de présentation a eu lieu à Châteauroux, rassemblant 21 jeunes volontaires.
Lors de cette rencontre, les participants ont partagé leurs ressentis en tentant de les situer sur une échelle, allant des préoccupations mineures aux sujets plus graves. Ce jeudi 5 février, à l'occasion de la journée nationale de la prévention du suicide, ce dispositif a suscité un grand intérêt, témoignant de la sensibilité des jeunes à ces questions. "J'aurais pu former un deuxième groupe, j'ai dû refuser beaucoup de monde", a déclaré Élodie Coirard, conseillère à la mission locale de Châteauroux.
Le malêtromètre, similaire au violentomètre, vise à évaluer la détresse liée à diverses situations. Chaque niveau sur l'échelle propose un interlocuteur correspondant aux besoins spécifiques des jeunes. "Pour ceux qui manquent de ressources, nous sommes là pour guider vers le bon accompagnement", explique Florence Villaudière, de la maison des adolescents de l'Indre.
Une échelle de la détresse
Le gouvernement a élevé la santé mentale en grande cause nationale pour 2025 et 2026. Les échanges lors de l'atelier ont révélé un malaise profond chez la jeunesse, exacerbé par la crise sanitaire. Une jeune participante a partagé : "Après le confinement, je me sens en retard, et je ne sais pas si d'autres ressentent la même chose que moi". Un autre a ajouté : "C'est comme si on était restés bloqués".
Trouver le bon interlocuteur
En 2025, 856 jeunes se sont tournés vers la maison des adolescents de Châteauroux. "Nous accueillons sans conditions, mais nous restons une structure de prévention" souligne Florence Villaudière. Elle insiste sur la nécessité d'accéder à des structures adaptées, dans un contexte où la France connaît une diminution significative du nombre de pédopsychiatres.
En réponse à cette situation, le malêtromètre pourrait être diffusé à plus grande échelle, espèrent ses concepteurs. "Nous souhaitons l'adapter à d'autres territoires", a déclaré Sophie Massé, coordinatrice du projet. Une version destinée aux plus de 25 ans est également envisagée, selon la Fédération régionale des acteurs de la promotion de la santé (FRAPS).
Dans un monde où l’inquiétude et l’isolement touchent de nombreux jeunes, l'initiative du malêtromètre représente un pas vers une meilleure compréhension et un soutien plus accessible aux jeunes de l'Indre.







