Lors du dernier conseil municipal à Plouescat (Finistère), un changement de statut d'une parcelle appartenant à un élu a suscité des réactions vives parmi les conseillers de la minorité. La parcelle, jadis classée zone naturelle, a été reclassée en zone constructible, ce qui pose question sur la gestion des intérêts privés au sein des instances publiques.
Le 11 février 2026, lors de la réunion, Yvon Ropars, membre de l'opposition, a souligné que François Roué, 3e adjoint au maire chargé de l'urbanisme, n'avait pas été déporté au moment du vote concernant le Plan local d'urbanisme intercommunal (Plui-H). Selon Ropars, cette situation devrait l'amener à se retirer pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts.
Une décision controversée
La parcelle de 495 m², située impasse de la Lande et propriété de l'adjoint, a vu son statut changer durant la validation du Plui-H. Ropars a enregistré une plainte formelle soulignant ce point, craignant des implications personnelles pour Roué. Dans un registre d'enquête publique, il a fait part de ses préoccupations et suspecte une intention personnelle derrière cette modification.
Le maire, Éric Le Bour, a tenté d'expliquer le processus en mentionnant que les ajustements des zones urbaines avaient été réalisés par un bureau d'études. Il a précisé que cette transformation n'impactait pas des espaces agricoles et qu'elle intégrait uniquement une vieille bâtisse
et l'accès à celle-ci, récemment démolie.
Déclarations de l'élu concerné
François Roué a réagi : Je n’ai fait aucune demande pour agrandir mon territoire constructible. J’ai acquis ce terrain pour y planter des arbres et éviter d'avoir des voisins.
Ce faisant, il se défend contre toute accusation d'abus de pouvoir, tout en exprimant son étonnement face à l'ampleur des réactions.
Ropars a insisté sur l'importance de la transparence en affirmant : Cela soulève des questions sur l'intégrité du processus de prise de décision.
Des experts en urbanisme et en droit public soulignent également la difficulté pour les conseillers d’équilibrer leurs responsabilités publiques et leurs intérêts privés, ce qui peut mener à des tensions à l'intérieur des conseils municipaux, comme le montre cet incident à Plouescat.
Dans un contexte où la confiance du public en ses élus est cruciale, ce cas souligne les dangers potentiels de la proximité entre l'intérêt personnel et les décisions politiques. Le commissaire enquêteur rendra bientôt son rapport sur cette affaire, tandis que le débat sur la nécessité d'une meilleure régulation des conflits d'intérêts en France continue de faire débat.







