Silencieuse depuis l'illustre procès des viols de Mazan, Gisèle Pelicot prend enfin la parole à travers un livre qui retrace le moment terrible où sa vie a basculé. Avec courage, elle se remémore l'annonce glaçante de son viol, orchestré par son mari et commis par une cinquantaine d'individus. En exclusivité, elle a partagé son histoire avec 'La Grande librairie'.
Cette annonce fait écho à une actualité brûlante sur la violence faite aux femmes.
Dans son livre, Gisèle Pelicot relate son calvaire avec un objectif : reprendre les rênes de sa vie. Pour la première fois, elle s'exprime également à la télévision en lien avec la sortie de son ouvrage. Ce récit poignant, centré sur l'affaire qui est désormais associée à son nom, évoque notamment le jour où elle a été convoquée par les enquêteurs. L'agent Laurent Perret lui a montré des photographies troublantes, témoignant de son état d'inconscience pendant les agressions.
"Première photo, je lui dis, mais ce n'est pas moi. Deuxième photo, il me dit, 'Madame Pelicot, c'est votre chambre'. À ce moment, j'ai compris que c'était bien moi, mais mon esprit a cherché à s'échapper, à ne pas entendre cette réalité terrible," se souvient-elle dans 'La Grande librairie'.
"Il m'a fallu des heures pour digérer cette horreur. Quand mon amie Sylvie est venue, c'était la première fois que j'ai prononcé le mot viol," ajoute-t-elle. Ce témoignage choquant met en lumière les violences que subissent de nombreuses femmes au quotidien.
"Plus le procès approchait, plus je m'imaginais devenir otage de leurs regards"
Lors de l'interview sur France 5, elle aborde également le procès prévu en 2024, qui devrait attirer l'attention du monde entier tant l'affaire est significative. "Plus le procès approchait, plus je craignais d'être captive de leurs mensonges et de leur mépris," confie-t-elle. Dans les pages de son ouvrage, elle parle de sa décision de diriger les audiences vers une exposition publique plutôt qu'un huis clos. "Si j'avais eu 20 ans de moins, j'aurais sans doute craint ces regards. Mais aujourd'hui, je refuse de les cacher," déclare-t-elle avec détermination.
En parallèle, Gisèle Pelicot a exprimé son souhait : "Arrêtez de me considérer comme une icône, ce statut n’est pas quelque chose que je désire," soulignant l'ironie de sa situation.







