Mercredi dernier, la cour criminelle du Cher a prononcé une peine de douze mois de prison avec sursis à l'encontre d'un prêtre de 47 ans, reconnu coupable d'atteinte sexuelle sur un mineur. Les faits se sont déroulés alors que la victime, maintenant âgée de 16 ans, était sous l'autorité du prêtre. Initialement poursuivi pour viol et agressions sexuelles, le clerc a été acquitté des autres charges plus graves, provoquant des réactions mitigées au sein de la communauté.
Le jugement a été rendu à huis clos, une demande de la partie civile, et a suscité des questionnements parmi les groupes de défense des victimes. L'avocate générale avait requis une peine de huit ans d'emprisonnement, en considérant la gravité des faits. Fait notable, le prêtre a été interdit d'exercer toute fonction lui permettant d'être en contact avec des mineurs et inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte où l'Église catholique fait face à de nombreuses accusations de violences sexuelles. Selon un rapport de la Ciase publié en 2021, le nombre de mineurs victimes au sein de l'Église serait estimé à 330 000. L'avocate du prêtre, Me Béatrice Bouillaguet, a précisé que son client avait été maintenu dans l'Église, mais « sans contact avec le public » depuis la dénonciation des faits en 2018.
Des experts comme Georges Pontier, ancien archevêque de Marseille, insistent sur la nécessité de réformes au sein de l'institution pour mieux protéger les plus vulnérables. Dans un contexte où la parole des victimes se libère, ce jugement vient rappeler l'importance d'une justice qui ne laisse aucune place à l'impunité.







