Vers une sortie de crise : le PS et les Ecologistes face à leurs choix pour 2024

Une réunion décisive se profile pour les socialistes et les Ecologistes.
Vers une sortie de crise : le PS et les Ecologistes face à leurs choix pour 2024
©Xavier GALIANA, AFP - Olivier Faure, premier secrétaire du PS, Clémentine Autain, Lucie Castets et Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, lors du meeting du Front populaire 2027, le 5 mai 2026 à

Alors que la campagne présidentielle de 2024 se profile, Olivier Faure, dirigeant des socialistes, et Marine Tondelier, à la tête des Ecologistes, tentent de trouver une issue à l'impasse qui paralyse leur stratégie. Une réunion cruciale est prévue mardi avec les instances supérieures de chaque parti, dans l'espoir d'aboutir à un consensus avant les vacances d'été.

Les socialistes, à ce jour sans candidat désigné et plus divisés que jamais, convoquent leur conseil national, un organe clé du parti. Cette assemblée aura pour mission d'examiner "la stratégie du PS pour la présidentielle" et de soumettre au vote un processus de désignation de leur candidat, prévu pour le 9 juillet.

Deux visions opposées émergent. D'une part, les partisans d'une primaire avec les Ecologistes, tels qu'Olivier Faure, prônent la nécessité d'un candidat unifié de la gauche, excluant La France Insoumise (LFI). D'autre part, des membres influents du PS, comme Boris Vallaud, suggèrent de privilégier un candidat jugé "le mieux placé" plutôt que de procéder à une primaire.

Un potentiel candidat pourrait être Raphaël Glucksmann, leader de Place publique, qui avait obtenu d'excellents résultats lors des élections européennes. Bien qu'ayant récolté environ 13 % d'intentions de vote, l'eurodéputé ne souhaite pas s'engager dans une primaire, misant sur les sondages pour affirmer son statut de vote stratégique. L'idée d'un retour de François Hollande, ancien président, n'est pas non plus écartée.

Pour favoriser la convergence parmi les différentes factions, Faure a proposé une première désignation au sein de l'espace socialiste et social-démocrate, suivie d'une participation à une primaire élargie impliquant les Ecologistes et d'autres partis de gauche non-mélenchonistes. Cependant, cette idée fait l'objet de refus. Actuellement, Faure envisage toujours de rassembler PS et Place publique dans une première sélection, laissant la liberté au vainqueur de participer ou non à la seconde primaire.

Cette solution pourrait apaiser ses opposants. "Mardi, nous devrions parvenir à un consensus autour d'une proposition unique, une primaire des sympathisants de la social-démocratie", pense François Kalfon, eurodéputé. Toutefois, une telle intégration pourrait également ouvrir la voie à la candidature d'Olivier Faure lui-même, en pointant vers la nécessité d'une défense acharnée de l'idée d'une primaire.

Parmi les autres candidats déclarés figurent le député Jérôme Guedj, le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane, et le député Philippe Brun, qui se positionne pour défendre les intérêts économiques des Français. Néanmoins, des doutes persistent dans la direction concernant le résultat du conseil national, car des membres signalent que des questions contradictoires pourraient émerger de cette rencontre.

Les désaccords demeurent d'autant plus aigus sur le corps électoral envisagé, car la direction privilégie un électorat élargi, au-delà des seuls militants du PS et de Place publique. Alors que la participation financière au vote serait fixée à 2 euros, des opposants souhaitent un montant plus élevé, redoutant une infiltration par les sympathisants de LFI.

Marine Tondelier s'oppose fermement à cette flexibilité, clamant que "nous ne pouvons pas attendre le 30 septembre pour décider s'il y aura une primaire". Elle a initié une consultation parmi ses militants, prévue du 1er au 6 juillet, stipulant qu'en cas d'échec de la primaire, sa campagne se poursuivrait sous son nom.

Cette situation génère des tensions au sein des Ecologistes, certains membres demandant l'exploration de toutes les possibilités, y compris l'idée de ne pas présenter de candidature indépendante. Tandis que des figures comme le sénateur Yannick Jadot privilégient Glucksmann, d'autres, comme Sandrine Rousseau, plaident pour un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, qu'ils jugent actuellement le mieux placé sur l'échiquier politique. Cette tension s'est intensifiée alors que le conseil fédéral extraordinaires, convoqué par des opposants à Tondelier, espère redéfinir la stratégie à proposer aux militants.

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