Airbus : La réduction du télétravail crée des turbulences chez l’avionneur

Les tensions montent chez Airbus après la réduction du télétravail. Les salariés réagissent.
Airbus : La réduction du télétravail crée des turbulences chez l’avionneur
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, annonce dans une lettre interne qu'il n'y aura désormais plus qu'une seule journée de télétravail par semaine. - Hans Lucas via AFP

À Airbus, la décision de restreindre le télétravail a déclenché un véritable vent de mécontentement parmi les employés. La CGT a déjà appelé à des débrayages, et cela pour la troisième semaine consécutive. La direction prévoit de réorganiser le travail à partir de septembre, c'est donc un sujet sensible qui est en train de se dessiner.

Dans une note interne envoyée le 9 juin dernier, le PDG d’Airbus, Guillaume Faury, a annoncé que le télétravail serait limité à un jour par semaine. Son objectif est clair : « Avoir une présence sur site de quatre jours par semaine à partir de septembre », s'adressant principalement aux salariés des fonctions tertiaires.

La direction assume un virage

Dans sa correspondance, Faury a reconnu que le télétravail est un sujet délicat pour certains. Il a cependant souligné la spécificité du secteur aéronautique, qui exige une collaboration physique. « Nous sommes une entreprise industrielle, et la conception de nouveaux produits nécessite une créativité collective qui est optimale lorsque nous sommes ensemble dans une même pièce », a-t-il affirmé, appelant à la mobilisation des équipes pour cette nouvelle orientation.

Du côté des employés, la réaction a été immédiate. Les syndicats, tels que la CGT, parlent de « résistance » et de « colère » face à ces changements. Le fait qu'un accord signé en 2024 prévoyait toutefois deux jours de télétravail en moyenne par semaine, renforce leur revendication. La mobilisation s'intensifie, avec déjà un premier rassemblement rassemblant une centaine de personnes.

« La mesure ne passe pas »

Patrice Thébault, coordinateur CGT, ne cache pas son indignation : « La mesure ne passe pas. Les gens sont en colère, car ils ont réorganisé leur vie autour de cette modalité de travail ». Selon lui, cette décision est perçue comme un manque de confiance dans leur capacité à réaliser efficacement leur travail. Le point de vue chez FO est légèrement différent. Jean-Marc Escourrou observe également des résistances, en particulier pour ceux qui habitent loin des bureaux, mais il appelle à une analyse plus nuancée.

Le sujet sera débattu lors du prochain comité d’entreprise européen le 7 juillet. La coordinatrice de la CFE-CGC fait valoir que les différentes situations doivent être prises en compte : « Certains postes peuvent être adaptés à cette nouvelle réalité, mais cela ne doit pas être une règle générale ». Elle met également en garde contre le retour d’un « présentéisme » déjà dépassé, qui pourrait nuire à l'attractivité de l'entreprise.

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