La priorité de Christophe Degruelle est de garder le contrôle sur les finances alors que des nuages s’amoncellent à l’horizon. Ce qui n’empêchera pas Agglopolys de continuer à investir.
Depuis qu’il a été élu président d’Agglopolys en 2008, Christophe Degruelle a toujours mis en avant une méthode claire : « Une majorité de projets dans le respect des identités communales et des sensibilités politiques. » Réélu le 9 avril dernier avec 76 voix pour et 8 votes blancs, il reste attaché à cette démarche qui lui a permis de gagner la confiance de ses pairs.
Malgré un exécutif refondu, il a réussi à rassembler des vice-présidents issus de différents horizons politiques. « Des Écologistes aux Républicains, le spectre est large. Les seuls qui n’ont pas leur place, ce sont le RN et LFI. » Cette diversité politique n'est pas un obstacle, car pour Degruelle, l'important est de favoriser l'harmonie autour des projets communs. « Peu importe pour qui votent certains maires lors des élections nationales. Ce qui compte, c’est d’avoir un état d’esprit uni autour des projets. »
Priorité numéro 1 : garder le contrôle des finances
L'assemblage de cet exécutif n'est pas sans tensions, comme l'admet Degruelle. « Il y a eu quelques grincements de dents, car on ne peut pas satisfaire tout le monde. » Cependant, il précise que tous ceux qui voulaient s'investir y ont eu l'opportunité. « Personne n’a été écarté pour des raisons politiques. »
En s’inspirant d’une coalition, il a veillé à équilibrer les compétences et à refléter la représentation géographique. « Les communes, rurales comme urbaines, doivent se sentir représentées. »
Dans un contexte économique mondial incertain, les projets ambitieux pourraient être ralentis. Degruelle insiste sur la nécessité de maintenir une gestion financière saine, notamment en ce qui concerne le désendettement et le niveau d'épargne brute. « Heureusement que nous partons d’une situation saine, mais la prudence est nécessaire avant les élections de 2027. » En vue de l'avenir, il évoque plusieurs mesures d'économies potentielles, telles que la création d'une taxe Gemapi et la réorganisation des services. « Ces mesures doivent être validées avant l’été pour assurer que notre budget est sous contrôle. »
Eau : face à un mur d’investissements
À l’horizon 2031, Agglopolys ne sera plus tenu de verser une subvention d’exploitation de plus de 2,5 millions d’euros, ce qui représente une « véritable bouffée d’oxygène », selon Degruelle.
Cela permettra à l'agglomération de mieux investir dans les secteurs où elle excelle, tels que l'économie et le tourisme. Un projet phare sera la création du Parc des châteaux 2 à Saint-Denis-sur-Loire et La Chaussée-Saint-Victor, dont la commercialisation pourrait débuter après 2030. De plus, l'achèvement de la passerelle entre Vineuil et La Chaussée-Saint-Victor, évaluée à 2,5 millions d'euros, est également prévu.
Les enjeux sont nombreux, notamment l'adaptation au changement climatique et la mise à jour des infrastructures, comme la station d'épuration de Blois, dont les coûts pourraient atteindre 100 millions d'euros. « C’est un mur d’investissements qui se dresse devant nous, » prévient Degruelle. Malgré ces défis, il reste confiant, affirmant que tout sera géré dans « un climat de confiance et de sérénité. » « Il faudra être fort ensemble pour faire face aux tempêtes qui se profilent. »







