Alors que deux tiers de la France sont actuellement sous le coup d'une canicule exceptionnelle d'un point de vue européen, une décrue des températures semble se dessiner. Vendredi, 61 départements étaient en vigilance rouge, indiquant une légère baisse par rapport à un pic atteint la veille.
Selon Météo-France, 11 de ces départements passeront en vigilance orange dès vendredi soir, et 13 autres devraient bénéficier d'une rétrogradation samedi matin. "L'air le plus chaud se déplace progressivement vers l'Est", a précisé le service météorologique, "tandis qu'un courant d'air plus frais arrive par l'ouest et le nord-ouest".
En raison de la saturation du système hospitalier, le préfet de police de Paris a averti que des événements festifs, comme la Marche des fiertés prévue ce week-end, pourraient être annulés. À Lyon, cette même manifestation a déjà été reportée à septembre, tandis que les courses "We run" à Paris ont été annulées, privant des milliers de participants de cette activité.
Les collégiens, eux, affrontent la chaleur avec le début des épreuves du brevet. Si des oraux du baccalauréat ont été déplacés en raison de la vague de chaleur, l'épreuve de français prévue vendredi matin sera maintenue. Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a affirmé que les élèves pourraient se rafraîchir à tout moment, avec de l'eau distribuée durant l'examen.
En parallèle, le président Emmanuel Macron a déclaré qu'un large effort avait été entrepris par la France pour lutter contre le réchauffement climatique. Cependant, il a souligné qu'un événement climatique aussi extrême était sans précédent.
La chaleur ne connaît pas de frontières : au moins 101 millions d'Européens ont subi des températures dépassant les 35°C jeudi. De plus, des pays comme la Suisse et le Royaume-Uni ont également enregistré des températures record pour le mois de juin, avec un service d'ambulance britannique subissant un afflux record d'interventions pour des urgences vitales mercredi dernier.
- "Mortalité en hausse" -
Les effets sanitaires de cette chaleur extrême commencent à se faire sentir. En Espagne, au moins 212 décès ont été enregistrés entre dimanche et mercredi, selon l'Institut de santé Carlos III à Madrid, un chiffre en hausse par rapport à l'année précédente, où 98 décès avaient été signalés sur la même période.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a également noté une "hausse de la mortalité" à Paris, où le thermomètre a dépassé les 40°C pour la quatrième fois en 150 ans.
Les infrastructures souffrent également des effets de la canicule, avec 50.000 foyers privés d'électricité, principalement dans les Yvelines, Hauts-de-Seine et Gironde, selon Enedis, qui a mobilisé sa force d'intervention rapide.
L'activité économique est également perturbée. Le célèbre fabricant de cocottes en fonte, Le Creuset, a suspendu sa production dans l'Aisne en raison des conditions climatiques extrêmes.
Enfin, une tendance inquiétante se dessine : les vagues de chaleur consécutives sont désormais considérées comme un indicateur marquant du changement climatique, majoritairement causé par l'utilisation d'énergies fossiles. Jim Skea, président du GIEC, a averti que les événements climatiques que nous venons de connaître allaient devenir plus fréquents à l'avenir.







