Cate Blanchett a récemment dévoilé un projet audacieux : le « registre du consentement humain ». Ce site, accessible gratuitement, offre à chacun la possibilité de défendre son nom, son image et sa voix contre les usages non autorisés par l'intelligence artificielle (IA).
Présentée lors d'un événement au Parlement européen à Bruxelles, cette initiative a pour but de rendre le pouvoir aux individus sur leur identité. "À l'époque de l'IA, votre identité équivaut à votre propriété intellectuelle", a affirmé l'actrice primée, appelant à un droit fondamental sur l'utilisation de nos données.
Un outil pour garder le contrôle de son identité
Le registre permet aux utilisateurs d'enregistrer les composantes de leur identité, ainsi que de spécifier leur utilisation. Trois niveaux de consentement sont proposés : vert pour une autorisation totale, jaune avec des conditions, et rouge pour une refus intégral. À l'avenir, l'objectif est d'étendre cette protection à la propriété intellectuelle des créations artistiques et des marques.
Ce projet arrive dans un contexte où les relations avec les géants de l'IA sont tendues. Blanchett fait partie des plus de 800 artistes ayant signé une lettre ouverte, dénonçant des pratiques jugées comme du « vol » de leurs œuvres. Une opinion partagée par de nombreuses personnalités du milieu artistique, dont le réalisateur Steven Soderbergh, qui soutient cette initiative et souligne son indépendance et sa sécurité.
Des règles encore à renforcer
Malgré ces avancées, le cadre législatif demeure perfectible. Actuellement, les plateformes d'IA ne sont pas toujours tenues de garantir la protection des contenus qu'elles exploitent. Sabine Verheyen, vice-présidente du Parlement européen, plaide pour des obligations de transparence, afin que les créateurs conservent le contrôle sur l'utilisation de leur image et de leur voix.
Blanchett souligne que les entreprises d'IA doivent respecter les droits humains : "Négliger le consentement et les droits individuels serait en contradiction avec leur mission", affirme-t-elle. Ce registre ambitionne donc de redéfinir notre rapport à la technologie tout en soutenant les droits des créateurs. Cette approche est essentielle dans un secteur en quête de régulations équilibrées face à l'avènement de technologies toujours plus sophistiquées.







