Muriel Brun, ancienne patronne d'une usine de plasturgie de l'Ain, est accusée d’avoir planifié l’assassinat d’un de ses employés. Lors de son procès à Paris, elle a fait preuve d’une étonnante sincérité en admettant avoir agi « n’importe comment ».
Se remémorant ce qui elle décrit comme un « moment de folie », Brun a relaté un petit-déjeuner à La Clusaz, le 1er janvier 2020, où son ami Frédéric Vaglio a évoqué, de manière désinvolte, la possibilité « d’éliminer » des individus. Elle a expliqué : « Il m’a dit que des centaines de personnes disparaissent chaque année. »
L'ancien journaliste, qui devra se défendre mardi, fait face à une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour avoir conduit une série de crimes en lien avec une loge maçonnique des Hauts-de-Seine.
Brun a confié que cette idée « a germé dans son esprit », soutenue par la peur d'un « tableau noir » associé aux syndicats. Actuellement, elle gère une boulangerie-pâtisserie à Lyon, après avoir purgé sa peine.
La société Apnyl, dont le couple dirigeant affichait un chiffre d'affaires de 29 millions d'euros en 2019-2020, est pris dans un tourbillon judiciaire. Hassan Touzani, le syndicaliste visé par ce projet morbide, demeure un témoin clé de cette affaire, confessant qu'il ne s’est jamais douté de rien. Toutefois, sa vie est aujourd'hui marquée par la peur — il ne s’endort plus sans une hache à portée de main.
Une tentative d’assassinat déjouée, visant une coach en entreprise en juillet 2020, a révélé l'ampleur d'un réseau criminel et a mis un terme aux plans sanglants de ses membres.
Le frère de Muriel, Laurent Brun, s'est demandé comment sa sœur a pu en arriver là, lui qui a récemment racheté ses parts pour 3,5 millions d'euros. Au fil de son interrogatoire, l’ancienne co-dirigeante a révélé : « Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête. J'ai franchi la ligne rouge. C’est fait, c’est fait. » Sa voix trahissait une profonde émotion : « Cette culpabilité sera en moi jusqu’à la fin de mes jours. »
Le procès, qui se déroule jusqu'au 17 juillet, appelle à une réflexion sur les dérives du pouvoir et du cynisme dans le milieu professionnel.







