« Si je suis là aujourd’hui, c’est pour apporter une vérité et un éclairage à ce que j’ai fait ». Anthony, accusé de viol et d'abus à Lyon, essaie de se défendre, mais les éléments contre lui sont accablants. Le quinquagénaire est jugé par la cour criminelle du Rhône pour des actes ayant duré huit ans, où il aurait drogué et filmé son ex-compagne sans son consentement. Les vidéos, retrouvées sur son téléphone, montrent la victime complètement inconsciente, alors que des photos dénudées de son ex ont été partagées sur des réseaux comme Coco et Telegram.
Selon les enquêteurs, le nom d'Anthony a été découvert par le biais du dossier d'un autre accusé, Dominique Pelicot, dont les agissements similaires soulignent l'horreur de cette affaire. En 2020, des échanges entre Pelicot et Anthony étaient révélateurs d'un plan pour droguer la conjointe d'Anthony, une dynamique qui, des années plus tard, a mené aux révélations d'abus persistants.
L'ombre de Dominique Pelicot
Les enregistrements des vidéos, projetés durant le procès, montrent Anthony tenir des propos dégradants à l'encontre de sa compagne. « Tu es déjà sa petite s****e », peut-on l’entendre dire, manifestant un mépris choquant. Bien qu’il se défende de s'être inspiré de Pelicot, les similitudes troublantes dans les méthodes et les déclarations laissent planer un doute. Anthony affirme avoir stoppé ses échanges avec Pelicot, mais cette affirmation est mise à mal par des preuves probantes.
Une explication troublante
Le prévenu tente de justifier ses actes en attribuant ses comportements à une frustration sexuelle. Il reconnaît avoir filmé sa femme sans son consentement, mais se défend de l'avoir droguée ou soumise à des abus. Les experts, cependant, soulignent des incohérences dans ses témoignages et des éléments qui contredisent ces dénégations. Le rapport d'expert a révélé que la victime a été exposée à un antihistaminique sédatif, dont elle ne se souvient pas avoir pris.
Une violence insupportable
Les images présentes dans son téléphone montrent également un comportement agressif et dégradant envers la victime, aggravé par un état de décomposition de leur relation. La cour a été frappée par des témoignages de la victime qui, pendant près de huit ans, a vécu un véritable calvaire, subissant des pertes de poids significatives et des symptômes de dépression liés au harcèlement qu'elle a subi après la diffusion de ses images. Notre dossier sur les violences faites aux femmes
Le procès continue, et avec lui, la quête de justice pour la victime qui aspire à une résolution enfin. Anthony, quant à lui, fait face à une potentielle peine de vingt ans de réclusion, dévoilant ainsi un chapitre troublant des violences faites aux femmes en France.







