Initiés par la Mutualité française, les États généraux de la santé ont constitué un cadre pour examiner la situation sanitaire en Nouvelle-Aquitaine grâce aux témoignages de milliers de citoyens et de professionnels de santé. Ces échanges ont généré des propositions novatrices.
Ce projet, annoncé lors d'un congrès à Agen, marquait les 80 ans de la Sécurité sociale. À cette occasion, la ministre de la Santé de l’époque, Catherine Vautrin, a souligné l'importance de ce modèle d'accès universel. Toutefois, celui-ci fait face à de nombreux défis, selon des experts du secteur.
« L’adhésion à notre modèle de protection sociale est massive : plus de neuf répondants sur dix s’y déclarent attachés »
Éric Chenu, président national de la Mutualité française, a lancé les États généraux de la santé en invitant milliers de citoyens à faire entendre leur voix. Près de 80 000 personnes ont participé, dont plus de 7 000 en Nouvelle-Aquitaine.
Des pistes de réflexion importantes
Bertrand Dupouy, président de la Mutualité française Nouvelle-Aquitaine, a illustré les résultats d'un sondage révélateur : « Plus de neuf répondants sur dix sont attachés à notre système de protection sociale. Pourtant, 6 millions de Français, dont 600 000 en Nouvelle-Aquitaine, n'ont pas de médecin traitant. » Cette enquête dévoile des attentes fortes autour des déserts médicaux et des conditions de travail des professionnels de santé.
Les débats ont également mis en lumière les délais d’attente prolongés et la nécessité d'une approche préventive plutôt que curative. Les conditions de travail des soignants, souvent soumises à un manque de reconnaissance, inquiètent tout autant.
« Les citoyens estiment qu'il ne faut pas défaire notre système de soins, mais le réparer »
Les participants ont exprimé des craintes concernant la pérennité du modèle de santé français, pointant du doigt le déremboursement et le désengagement de la Sécurité sociale. Ce vaste débat, soutenu par une soixantaine d'institutions, a permis de faire émerger des recommandations pratiques et concrètes.
La question de la liberté d'installation des médecins
Durant les ateliers de Nouvelle-Aquitaine, la question de la liberté d'installation des médecins a suscité de vives discussions. En effet, il existe des disparités marquées entre départements, notamment entre la côte atlantique, prisée par les médecins, et l'intérieur des terres où la densité médicale chute à moins de 60 médecins pour 100 000 habitants. Bertrand Dupouy a souligné que les citoyens souhaitent revoir cette liberté pour garantir une couverture médicale uniforme sur tout le territoire.
Finalement, ces États généraux aboutiront à la rédaction d'un plaidoyer, un véritable livre blanc. « Nous souhaitons transformer les paroles citoyennes et l’expertise sectorielle en mesures concrètes et innovantes », conclut Dupouy.







