Qualifié de "borderline" et "pulsionnel", l’accusé, ancien garde du corps de 39 ans, a vu son portrait psychologique dressé par des experts lors du procès qui s’est ouvert jeudi. Accusé d'avoir violé sa compagne en utilisant des substances, l'homme a aussi été décrit comme un "super papa", soulignant la complexité de sa personnalité.
Son enfance, marquée par l'absence d'affection d'une mère célibataire, et un rêve brisé de carrière dans les forces spéciales après une blessure, sont au cœur de son profile fragile. Léa Essertaise, enquêtrice de personnalité, et le Dr François Renault, psychiatre, ont indiqué que ces expériences ont contribué à un comportement de compensation pulsionnelle, entraînant une dépendance croissante à la drogue.
Les vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux, capturant la violence des abus, posent la question de son égarement moral. Selon le Dr Renault, l’accusé utilise ces actes comme une forme de distraction de ses frustrations, reflets d'une vie qu'il estime ratée, conférant à son comportement une dimension déviante exacerbée par Internet.
Au début de son procès, l’homme a cherché à clarifier ses actions, tout en minimisant les faits. Les débats s'orienteront également sur ses interactions avec Dominique Pelicot, actuellement purgeant une peine de 20 ans pour des crimes similaires.
Une communication retrouvée au moment de l’arrestation de Pelicot en 2020 révèle que l’accusé a suggéré à Pelicot de droguer sa femme pour l’agresser. "L'enjeu est de déterminer l’ampleur de leurs liens", a déclaré Julia Studient, l’avocate de la partie civile.
Gabriel Versini-Bullara, avocat de l’accusé, a pointé que cela pourrait n'être qu'une exagération. Pelicot, bien qu’il n’ait pas été appelé à témoigner, a nié les accusations, sous prétexte que Lyon était trop éloigné de son domicile.
D’après les enquêtes, Pelicot prétend avoir abusé d'une coiffeuse, mais a ensuite admis avoir fait preuve de "vantardise". L’arrestation de l’accusé n’est survenue que trois ans plus tard, révélant des vidéos de sa compagne inconsciente, enregistrées par ses soins.
Appelée à témoigner, la victime a exprimé des périodes d’oubli et fatigue inexplicables, affirmant que son "endormissement profond" sur les vidéos excluait tout consentement. D’autres éléments révèlent que Pelicot aurait utilisé des caméras cachées pour filmer sa compagne à des moments d’intimité, diffusant ces contenus via de faux profils.
Cette situation a provoqué chez la victime un harcèlement constant sur Internet depuis 2016. Son avocate souligne qu'il s'agit d'une affaire accablante, mettant en lumière combien sa cliente a été "déshumanisée", espérant que ce procès marquera le début d'une phase de reconstruction pour elle.







