Gaël Perdriau, ancien maire de Saint-Etienne, se retrouve une fois de plus dans le viseur de la justice. En appel depuis ce lundi, il doit répondre à des accusations de chantage à la sextape à l’encontre de son ancien premier adjoint, après avoir été déclaré « entièrement coupable » et condamné à une peine de prison.
Affirmant son innocence, Perdriau comparaît durant cinq jours devant la cour d’appel de Lyon, face à des charges sévères incluant le chantage, l’association de malfaiteurs et le détournement de fonds publics.
Une incarcération hivernale
Le 1er décembre 2022, il avait écopé de cinq ans de prison, dont quatre fermes, et de cinq ans d’inéligibilité, l’obligeant à purger deux mois en détention cet hiver. Son ancien directeur de cabinet, Pierre Gauttieri, a également été condamné en première instance, mais a choisi de ne pas faire appel.
Durant cette période, il sera confronté à deux co-prévenus ayant orchestré le scandale. Samy Kéfi-Jérôme, ancien adjoint à l'Education, et son compagnon de l'époque, Gilles Rossary-Lenglet, ont tous deux été condamnés à trois ans de prison. Ils ont reconnu avoir piégé l’ancien adjoint Gilles Artigues en le filmant à son insu dans une chambre d’hôtel parisienne en 2015
Cette vidéo a ensuite été utilisée pour contraindre Artigues lors des conseils municipaux, alors qu'il envisageait une prise de distance vis-à-vis de Perdriau, avec qui il avait passé un accord politique.
Accusations d'une erreur judiciaire
Perdriau, âgé de 53 ans, continue de clamer son innocence. Lors de l’instruction, Rossary-Lenglet et Gauttieri avaient accusé Perdriau d'être le commanditaire de cette vidéo, qui aurait été financée par des subventions fictives à des associations locales. Le tribunal correctionnel de Lyon avait alors qualifié ces faits d’« extrême gravité », soulignant que de tels comportements sont incompatibles avec les valeurs d’exemplarité que doivent respecter les élus.
« Nous attendons la vérité », déclare son avocat, Me Jean-Félix Luciani, ajoutant que le jugement de première instance était une « erreur judiciaire ». Perdriau reconnait avoir eu vent de l’existence de la vidéo en 2015, mais se défend d’en avoir jamais pris connaissance ni d’y prêter attention, jugés être des « jeux » entre adultes consentants.
Cependant, des enregistrements audio réalisés à son insu par Gilles Artigues en 2017 et 2018, où il évoque la vidéo en question, pourraient complicer sa défense. Il signale que, « une fois la vidéo sur les réseaux sociaux, ce n’est plus du chantage, c’est une exécution ».







