La rectrice Anne Bisagni-Faure était en visite à Saint-Étienne ce jeudi, où son arrivée au collège Puits de la Loire s'est transformée en une démonstration de mécontentement de la part d'enseignants du collège Honoré d'Urfé. Bien qu'elle ait promis de les rencontrer en juin, les enseignants en colère expriment des frustrations croissantes quant à leur situation.
Une dizaine de professeurs, armés de pancartes et d'un mégaphone, attendaient la rectrice pour lui faire part de leur demande répétée : le classement de leur collège en REP+ (réseau d'éducation prioritaire). Un souhait qui reste sans réponse malgré de nombreuses relances. Ils ont décidé de convertir leur patience en action, arrêtant de l'attendre pour l'interpeller directement.
Thierry Dickelé, directeur académique des services de l'éducation nationale, a été le premier à se présenter sans faire de commentaire à l'égard des manifestants. Lorsque la rectrice a enfin fait son entrée, elle a tenté d'expliquer sa démarche : "Je vous ai écrit, par l'intermédiaire du chef d'établissement, ce matin. Mon intention était d’être ici pour les révisions du DNB [diplôme national du brevet]". Cependant, les enseignants ont répliqué que leur réelle préoccupation était la situation quotidienne dans leur collège, qui compte 1 000 élèves. "Nous avons besoin d'une visite en rapport avec nos conditions de travail actuelle, qui sont critiques", a souligné un enseignant.
Un mail envoyé le jour même a encore alimenté la frustration. Laure Grangeon, enseignante, a indiqué : "Nous avons eu une audience avec ses services le 4 mai, mais depuis, nous n'avons reçu que des relances qui n'apportent aucune nouvelle sur notre situation". Les enseignants ont immédiatement vérifié le contenu du message sur leurs téléphones, pour découvrir qu'il ne contenait rien de substantiel, et qu'il ne tenait pas compte des écoles de leur secteur.
Les grévistes, qui en sont à leur septième jour de mobilisation, ont été soutenus par leurs collègues du collège Puits de la Loire, qui ont également exprimé leurs propres préoccupations concernant des moyens insuffisants, malgré leur classement en REP. "Merci de vous battre", a commenté une collègue, témoignant de la solidarité entre enseignants dans cette période difficile. Les manifestations semblent donc devoir se poursuivre, la coordination pour les prochaines actions étant déjà en cours.







